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Le quartier d'Amiens-Nord a passé une troisième nuit sans incident, toujours sous étroite surveillance policière après l'interpellation de cinq personnes liées aux violences du début de semaine, dont trois, qui ne sont pas les meneurs, comparaîtront ce vendredi devant la justice.
"Il n'y a rien eu à signaler cette nuit. Aucun incident majeur, aucun fait de violence urbaine n'a été à déplorer, et il n'y a eu aucune nouvelle interpellation en lien avec l'affaire", a déclaré la préfecture de la Somme vendredi matin.
Jeudi en début de soirée, les policiers, munis de boucliers et de lanceurs de bombes lacrymogènes pour parer à d'éventuelles réactions après les premières interpellations survenues dans la nuit de mercredi à jeudi, avaient procédé à divers contrôles d'identité dans les rues d'Amiens-nord. Au cours de l'un d'entre eux, un homme en deux roues a refusé de s'arrêter et a "laissé rouler son véhicule en direction de trois fonctionnaires de police. Mais il ne roulait qu'à faible allure, ces derniers n'ont été que très légèrement blessés", a signalé la préfecture. "Aucun affrontement entre des groupes et les forces de l'ordre n'a été relevé", a-t-elle ajouté.
Seuls un feu de véhicule léger et deux feux de poubelles ont été signalés au cours de la nuit, alors qu'une vingtaine de cars de CRS et plusieurs patrouilles ont continué de circuler dans les rues où s'étaient déroulés les affrontements.
Les policiers ont par ailleurs procédé à quelques interpellations, principalement pour des conduites en état d'ébriété, sans lien avec les émeutes du début de semaine qui avaient fait 17 blessés parmi les forces de l'ordre et des millions d'euros de dégâts, avec notamment trois bâtiments publics incendiés. Un effectif de 250 policiers reste toujours maintenu jusqu'à nouvel ordre dans le quartier d'Amiens-nord.
Trois des cinq hommes interpellés "en lien direct avec les heurts" devraient être jugés vendredi à partir de 14H30 en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel d'Amiens, placé sous surveillance renforcée. Ils devraient être déférés dans la matinée. Les deux autres personnes arrêtées, dont le lien avec les émeutes apparaît "plus à la marge", seront jugées ultérieurement. Le procureur adjoint d'Amiens a précisé que les prévenus ne faisaient pas partie des meneurs du mouvement, qui étaient toujours activement recherchés vendredi matin.
Comparaîtront donc ce vendredi un jeune de 27 ans pour "provocation directe à l'attroupement armé" et "rébellion suivie d'effets", et deux autres hommes, d'une vingtaine d'années, pour des feux de poubelles. Le premier homme est accusé d'avoir appelé les jeunes du quartier à la violence dimanche soir, lors d'une cérémonie d'hommage à un jeune décédé quelques jours plus tôt. Il a été reconnu par un policier alors qu'il se présentait au commissariat dans le cadre de son contrôle judiciaire dans une autre affaire. Les deux autres prévenus ont quant à eux admis en garde à vue avoir allumé cinq ou six feux la nuit des affrontements.
Une source judiciaire a dit qu'une demande de renvoi de l'audience "était envisageable. Dans le cadre de violences urbaines, c'est très majoritairement ce que demandent les avocats, afin d'avoir le temps de préparer leur défense et que les tensions s'apaisent un peu". En cas de renvoi, une nouvelle audience sera fixée dans un délai minimum de dix jours. La décision concernant un éventuel placement en détention provisoire des prévenus sera prise ce vendredi.


