Plus de dix millions d'Allemands étaient appelés aux urnes dimanche pour des élections régionales où le parti conservateur d'Angela Merkel est en difficulté pour la première fois depuis son arrivée à la chancellerie.
Dans le Land de Hesse (centre-ouest du pays), la CDU de Mme Merkel est au coude à coude avec les sociaux-démocrates (SPD), ses partenaires au sein du gouvernement de coalition à Berlin. Le ministre-président du Land, Roland Koch, au pouvoir depuis 1999, risque de perdre son poste après une campagne sécuritaire et xénophobe très controversée qui a encore aggravé les tensions entre les deux grands partis au pouvoir à Berlin. Sa défaite dans ce Land de 4,1 millions d'électeurs serait un premier revers électoral significatif pour la CDU depuis que Mme Merkel a remporté de justesse les élections législatives fin 2005.
Elle compliquerait encore la tâche de la chancelière à la tête de cette coalition malaisée. En Basse-Saxe (6,4 millions d'électeurs), Land frontalier des Pays-Bas, les sondages prédisent en revanche que le chrétien-démocrate Christian Wulff se maintiendra au pouvoir avec les libéraux du FDP. "Ces élections ont une importance décisise pour la coalition et donneront le ton pour les législatives de l'année prochaine", a estimé le politologue Jürgen Falter. "Si Roland Koch passe, la CDU mènera d'autres campagnes qui sèment la division. Si le SPD l'emporte, il prendra encore davantage ses distances avec la CDU en insistant sur des thèmes sociaux", a-t-il déclaré au Bild-am-Sonntag.
Le SPD fait campagne pour l'introduction d'un salaire minimal généralisé en Allemagne, une mesure populaire mais que les conservateurs considèrent comme dangereuse pour l'emploi. M. Koch a voulu les contrer par une campagne xénophobe, ce qui lui avait réussi pour conquérir la Hesse en 1999. Il a dénoncé les jeunes délinquants étrangers et joué sur les origines étrangères de ses adversaires, sans être désavoué par Angela Merkel. Ses discours ont provoqué un tollé national et se sont retournés contre lui. Il a "polarisé les électeurs et a renforcé du coup le poids du SPD", a expliqué M. Falter, de l'université de Mayence.
Le vice-chancelier Frank-Walter Steinmeier (SPD) a estimé à la vieille du scrutin que cette campagne "avec ses relents du passé" était "mauvaise pour la réputation de l'Allemagne". Mme Merkel, sans épouser les slogans de M. Koch, ne l'a pas désavoué. Plus le SPD le critiquait, plus les conservateurs serraient les rangs autour de ce baron de la CDU. Sa défaite rejaillirait donc sur l'ensemble du parti et sur la chancelière, jusqu'ici très populaire, notamment en raison de ses succès sur la scène diplomatique. Les conservateurs semblent en revanche assurés de conserver la direction du Land de Basse-Saxe, frontalier des Pays-Bas, où le populaire Christian Wulff gouverne depuis 2003 avec l'appui des libéraux du FDP. Rassembleur, pronant l'intégration des étrangers, il est plus proche des thèses de Mme Merkel, qui entend gouverner au centre.
Sa victoire ferait de lui un dauphin possible de la chancelière. Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00. Les premières estimations sont attendues dès leur clôture à 18H00. (afp)


