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Deux nouveaux témoignages publiés mercredi dans la presse sud-africaine sont venus accréditer la thèse selon laquelle nombre de mineurs grévistes ont été sommairement exécutés ou achevés à terre par la police à la mine de platine de Marikana le 16 août.
"Il y avait un Sotho que j'ai vu à genoux près d'un gros rocher les mains en l'air. Il suppliait qu'on lui laisse la vie et s'excusait à n'en plus finir en disant qu'il ne savait rien", a raconté au Star Lungisile Lutshetu, l'un des mineurs arrêtés après la fusillade et libéré lundi.
"Mais les officiers l'ont froidement mitraillé à l'arme automatique et il a eu le corps transpercé", a-t-il dit, racontant aussi comment la police avait empêché les mineurs de s'enfuir en leur bloquant le passage.
Lungisile a vu 15 mineurs abattus ou blessés, dont "certains achevés d'une balle dans la tête". Lui-même a été extrait d'une pile de cadavres et de blessés quand la police s'est aperçue qu'il était encore vivant et l'a fait prisonnier.
"Nous sommes restés environ trois heures le ventre à terre. Les pauvres qui ont osé lever les mains ont été tués", a-t-il poursuivi, convaincu d'avoir eu la vie sauve parce que les secours sont finalement arrivés et ont demandé aux policiers "de ne pas tirer sur les blessés".
La seule version officielle à ce jour affirme que les policiers ont ouvert le feu pour protéger leur vie lorsque la foule des mineurs, armés de lances, de machettes et de quelques armes à feu, les a chargés.
Les événements du 16 août ont fait 34 morts et 78 blessés près de cette mine de platine où une grève illégale accompagnée de violences avait déjà fait 10 morts dont deux policiers et deux vigiles dans les jours précédents.


