L’hebdomadaire annonce que son site internet a été piraté
© photo news.MISE À JOUR La sécurité autour des intérêts français à l'étranger se renforce. Suite à la publication de nouvelles caricatures de Mahomet dans le journal satirique Charlie Hebdo de ce mercredi, la France a décidé de fermer des ambassades et des écoles dans vingt pays. Le site internet de Charlie Hebdo était inaccessible mercredi matin, et sa page facebook était submergée de commentaires, positifs ou négatifs, sur les caricatures du Prophète publiées par l'hebdomadaire. Plus tard dans la matine, l'hebdomadaire a annoncé que son site internet a été piraté. Charlie Hebdo publie dans son numéro de mercredi, en pages intérieures, des dessins représentant le prophète Mahomet, qui, selon son directeur Charb, "choqueraient ceux qui vont vouloir être choqués".
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Les ambassades, consulats et écoles françaises seront fermés dans une vingtaine de pays musulmans vendredi, jour de la grande prière, par mesure de "précaution" après la publication de caricatures de Mahomet en France, a indiqué mercredi le Quai d'Orsay. "Par mesure de précaution les ambassades, consulats, centres culturels et écoles seront fermés dans une vingtaine de pays de la zone", a indiqué un responsable à l'AFP, précisant qu'"il n'y avait pas de menace avérée sur un quelconque établissement".
Cette décision intervient suite aux publications de nouvelles caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo, dont le site internet était, ce mercredi, toujours hors-service. Incident technique, trop grand nombre de requêtes, acte de pirates, les raisons du blocage du site n'étaient pas connues dans l'immédiat. En novembre 2011, après la publication d'un numéro spécial baptisé "Charia Hebdo" avec Mahomet comme "rédacteur en chef", les locaux du journal satirique avaient été incendiés et le site internet du journal piraté.
Sur Facebook comme sur Twitter, opposants et soutiens de Charlie Hebdo publiaient des centaines de commentaires évoquant cette nouvelle Une, parfois avec des propos très violents. La page Facebook de l'hebdomadaire mise en ligne mardi soir avec la Une du journal comptait à 10h00 plus de 1.800 messages.
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Les dessins représentant le prophète Mahomet "choqueront ceux qui vont vouloir être choqués", selon son directeur Charb,
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De nombreux commentaires soulignaient le contexte déjà très tendu actuellement. Depuis sa diffusion la semaine dernière, le film islamophobe "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans"), produit aux Etats-Unis par un chrétien d'Egypte, a déclenché des manifestations anti-américaines dans le monde musulman qui ont causé la mort de plus de 30 personnes.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a estimé mercredi matin "comprendre que certaines personnes peuvent être heurtées dans leur sensibilité. Mais nous sommes dans un Etat laïque, dans un Etat républicain". Le président du Crif Richard Prasquier a lui "désapprouvé" les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo qui, dans le contexte de tension actuel, relèvent d'"une forme de panache irresponsable", dans une tribune transmise mercredi matin à l'AFP.
Evoquant les personnes tuées dans les manifestations contre le film islamophobe "Innocence of Muslims", le président du Conseil représentatif des institutions juives de France écrit: "C'est en considération de ces morts que nous désapprouvons l'initiative prise par Charlie Hebdo".
"Publier ces jours-ci, au nom de la liberté, des caricatures sur Mahomet est une forme de panache irresponsable", juge Richard Prasquier. Selon lui, "la critique religieuse doit elle-même accepter d'être critiquable: non sur son principe mais sur son opportunité". Dans ce texte qui sera publié en intégralité mercredi après-midi dans la newsletter du Crif, Richard Prasquier s'en prend avec vigueur aux participants à la manifestation illégale tenue le 15 septembre à proximité de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, "les excités de l'ambassade": "Ils haïssent le Juif comme ils respirent (...). De bons experts tentent de nous rassurer sous prétexte que ces appels à la haine sont minoritaires".


