Les restes d'un nouveau-né ont été découverts mardi par deux chiens dans un centre équestre de Clairac, village du Lot-et-Garonne au centre d'une enquête mobilisant des dizaines de gendarmes pour tenter de déterminer les circonstances de la mort du nourrisson.
Mardi, vers 17H00, deux chiens ont fait la macabre découverte dans ce centre équestre en pleine campagne, à proximité de la bourgade de 2.500 âmes: ils ont rapporté à leur maître, propriétaire du centre Les Ecuries Richard Soen, une tête, un bras et une partie du thorax, toujours attachés et appartenant manifestement à un nourrisson.
En fin de matinée mercredi, un sac plastique contenant d'autres restes, des "matières organiques" a aussi été retrouvé près du centre, selon la gendarmerie. Ils vont être analysés afin de déterminer s'il s'agit de restes humains, a-t-on ajouté de même source. Le centre n'était pas joignable mercredi matin.
Vers 15h30, le propriétaire du centre, un homme élancé d'allure sportive entendu au cours de la matinée, est arrivé sur place, accompagné d'un gendarme en civil, sans faire de commentaire, a constaté un correspondant de l'AFP. Le capitaine Jean Gambier, commandant en second de la compagnie de Marmande (Lot-et-Garonne) a déclaré à une correspondante de l'AFP que les restes découverts mardi soir étaient bien ceux d'un nouveau-né. Une autopsie pratiquée à l'institut médico-légal de Bordeaux devrait déterminer le sexe de l'enfant, les causes de sa mort et s'il était vivant à la naissance.
Zone isolée
Le centre équestre, qui s'étend sur une dizaine d'hectares, est situé au lieu-dit Cambes, dans une zone relativement isolée, à quelques kilomètres du bourg. Mardi soir, outre une trentaine de gendarmes, un magistrat du parquet d'Agen, un médecin-légiste ainsi que la maire étaient présents sur place. Un chien pisteur est intervenu jusqu'à 22H00 afin de trouver d'autres restes.
Mercredi d'autres chiens, notamment spécialisés dans la recherche de cadavres, ont également parcouru le secteur. Un hélicoptère de la gendarmerie survolait dans l'après-midi la zone qui devait être ratissée par une cinquantaine de gendarmes. Un vétérinaire devait aussi procéder à des prélèvements sur les chiens qui ont découverts les restes mardi afin de déterminer si ils ont pu ingérer des morceaux du corps du nouveau-né.
"Toutes les hypothèses sont envisagées. La priorité, c'est de rechercher les restes du corps et le lieu de la découverte. Ensuite, on orientera les investigations", confiées à la section de recherches (SR) d'Agen et à la brigade de recherches (BR) de Marmande, "en fonction de ce que l'on aura trouvé", a insisté le capitaine Gambier, qui s'attend à une "enquête difficile". "Ce genre d'affaire est dramatique", a réagi Françoise Bize, maire PS de Clairac. "J'ai du mal à comprendre qu'on pense à ne pas déclarer une grossesse ou faire cela. Après, la détresse humaine, elle est là, parfois. La détresse psychologique qu'on ne maîtrise pas. Mais ce n'est pas à moi de porter un jugement", a encore déclaré l'élue.
Un autre événement marquant
Le village de Clairac a été marqué en 1991 par l'assassinat d'une jeune fille, Caroline Nolibé, poignardée près du domicile de son père. Ce dernier, un temps désigné par des rumeurs villageoises, a été incarcéré pendant un mois et demi avant d'être définitivement blanchi par la justice en 2001 et d'être indemnisé à hauteur de 50.000 EUR en 2010.
Un handicapé mental a été condamné en janvier 2004 à 15 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de la jeune fille. "Ici, on enterre plus vite les gens qu'on ne les fait naître", a commenté, sous couvert de l'anonymat, un restaurateur de Clairac à une correspondante de l'AFP. Le parquet fera un point de presse dans la soirée.


