Une femme maître d'hotel du Sofitel de Cannes avait été licenciée par son employeur pour un manque de sympathie à l'égard des clients. La justice vient de lui donner gain de cause.
115.000 euros. Telle est l'indemnité dont devra s'acquitter le Sofitel Méditerranée de Cannes à l'égard d'une employée virée pour "attitude désobligeante vis-à-vis de la clientèle", relate le Figaro. La décision de la direction de l'hôtel, qui s'appuyait sur des lettres de plainte de deux clients, avait été validée en 2004 par le ministère de l'Emploi (après un avis négatif de l'inspection de l'emploi) considérant que l'attitude de la salariée était une faute suffisamment grave "eu égard au niveau élevé des prestations offertes par l'hôtel".
Après de multiples recours, devant le tribunal administratif de Nice ou la cour administrative de Marseille qui, en 2010, avait estimé que l'employeur "n'avait pas démontré que son manque d'amabilité était un comportement habituel", les prud'hommes ont estimé que l'employée avait subi un harcèlement moral et acté un licenciement "sans cause réelle et sérieuse". D'après une avocate spécialisée interrogée par le quotidien, si l'absence de sourire ou de sympathie "peut porter préjudice à l'employeur", l'entreprise aurait dû mentionner ses exigences au travers d'une charte des valeurs de l'établissement, des avertissements préalables et surtout la formation de son personnel. L'hôtel n'a pas fait appel.


