Mini-sommet européen controversé à Londres

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Par: rédaction
29/01/08 - 09h02

Gordon Brown reçoit mardi à Londres les principaux dirigeants européens pour un mini-sommet controversé consacré à la crise financière mondiale, avec en toile de fond le scandale à la Société Générale, le tout en pleine tourmente sur les marchés boursiers.

Le Premier ministre britannique recevra en fin de journée la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre italien démissionnaire Romano Prodi, dont ce devrait être un des derniers engagements internationaux, et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Une conférence de presse commune est prévue vers 19h30 GMT.

Débats
Au centre des débats, le rôle des banques dans l'économie mondiale, leurs prises de risques, leur goût du secret inquiétant, avec la bénédiction d'agences de notation attribuant de bonnes notes à des produits bancaires complexes, adossés à des actifs risqués comme les crédits "subprime" américains. Deux scandales viennent d'illustrer ces risques.

Société Générale
A la Société Générale, un défaut de contrôle a permis à un courtier d'accumuler des positions gigantesques sur des produits dérivés, qu'il a fallu liquider avec une perte record de 4,9 milliards d'euros. Le parquet de Paris a requis lundi le placement en détention provisoire de ce trader de 31 ans, Jérôme Kerviel, qui devrait être inculpé.

Autre scandale, celui de la quasi-faillite de la banque britannique Northern Rock. Dépendant aux trois quarts des prêts consentis par ses consoeurs, elle avait dû appeler à l'aide la Banque d'Angleterre en septembre quand elles ont tari leur crédit. Par ailleurs de grandes banques (UBS, Citigroup, Merrill Lynch, etc.) ont appelé à la rescousse des fonds gouvernementaux de riches pays émergents (Singapour, Corée du Sud, Koweït, Abou Dhabi, Chine) pour renflouer leurs fonds propres, une pratique dont l'ampleur commence à faire tiquer certains économistes.

La réunion de mardi évoquera de manière plus générale la transparence, la gouvernance, et la régulation. Sur le premier point, tout le monde est d'accord. "Il est temps maintenant de mettre de la transparence, de nouvelles règles prudentielles dans le système financier mondial, et aussi national, et de préférer prêter de l'argent à celui qui entreprend et crée de la richesse, plutôt qu'à celui qui veut acheter pour dépecer et spéculer", a insisté Nicolas Sarkozy à l'occasion de sa visite en Inde le week-end dernier.

Dissension
Mais il y a dissension sur le reste, entre la France et l'Italie d'une part, et l'Allemagne et le Royaume-Uni d'autre part. Les premières souhaitent une surveillance des banques à l'échelon européen, et un contrôle plus serré des agences de notation. Les autres préconisent la souplesse. M. Brown a mis vendredi "une régulation trop lourde" au chapitre des écueils à éviter. L'idée d'un rôle d'alerte accru du Fonds monétaire international (FMI) devrait en revanche être consensuelle.

Risques locaux
Les pays européens du G7 veulent que le FMI puisse être en mesure de "repérer les risques locaux, comme les subprime aux Etats-Unis, qui peuvent avoir un impact systémique", selon une source française proche des discussions. La brève réunion de mardi soir se déroulera sous l'oeil critique d'autres pays européens non invités, dont les protestations ont fait élargir la rencontre Brown-Merkel-Sarkozy initialement prévue à M. Prodi, pour inclure tous les membres européens du G7, puis à M. Barroso pour représenter toute l'UE.

Lundi, le porte-parole de Mme Merkel a tenu à minimiser les attentes : ce mini-sommet de quelques heures sera uniquement un "échange de vues". "Il ne s'agit pas de prendre des décisions concrètes", mais plutôt de définir "des positions communes qui alimenteront le processus du G8", groupe des huit pays les plus industrialisés, a-t-il insisté. (afp)

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