Les condamnés à mort ne pourront plus être pendus en public en Iran sans l'accord du chef du pouvoir judiciaire. "Selon le décret du 9 Bahman (29 janvier) du chef du pouvoir judiciaire (l'ayatollah Mahmoud Hachémi Shahroudi) l'application publique des sentences de pendaison est permise uniquement avec l'accord du chef du pouvoir judiciaire", a dit Alireza Jamshidi.
Le décret interdit aussi désormais toute publication dans les médias d'images des pendaisons publiques. Selon le décret, la pendaison sera appliquée publiquement "en fonction des besoins de la société". Les juges iraniens ont fait preuve depuis plus d'un an d'une sévérité accrue pour l'application de la peine de mort, dans le cadre d'une campagne pour améliorer "la sécurité de la société".
Au moins 27 personnes ont été exécutées en Iran depuis le début de l'année, dont bon nombre publiquement. L'an 2007 a vu au moins 298 exécutions, selon un décompte de l'AFP à partir d'informations de presse, alors qu'il y en avait eu 177 en 2006, selon Amnesty international.
Crimes
Selon le communiqué de M. Jamshidi, "la peine capitale, qui est fondée sur la loi du pays, n'est applicable qu'à un très petit nombre de crimes, et elle ne devrait pas être infligée ou rendue publique d'une façon telle que cela perturbe la société, et particulièrement la jeunesse". La trahison, l'espionnage, le meurtre, l'attaque à main armée, le trafic de drogue, le viol, la pédérastie, l'adultère, la prostitution et l'apostasie sont passibles de mort en Iran.
Les associations de défense des droits de l'Homme et les pays occidentaux accusent fréquemment Téhéran d'avoir recours à la peine de mort de manière excessive. Mais les autorités iraniennes arguent que celle-ci a une fonction dissuasive et n'est mise en oeuvre qu'à l'issue d'un long processus judiciaire. La peine de mort est décidée par un juge et doit être confirmée par la Cour suprême.
Elle est généralement appliquée à l'aide d'une grue ou d'une potence et, si l'exécution est publique, les journaux et parfois la télévision en publient et diffusent des images. Le décret interdit désormais "la publication et diffusion de photos et d'images dans les médias".


