La mafia italienne met "en jeu l'intérêt suprême de l'Etat"
La Direction antimafia italienne estime que "l'intérêt suprême de l'Etat est en jeu" dans les régions du sud en raison de l'importance des infiltrations mafieuses dans l'administration, dans un rapport non encore officiel mais dont des extraits sont publiés par la presse mercredi.
La Direction nationale antimafia (DNA), dans un rapport annuel de quelque 1.000 pages, fait le point sur les enquêtes en cours de ses magistrats dans plusieurs villes du sud de l'Italie dont Naples, Messine, Salernes, Catanzaro, Reggio di Calabria et Cagliari.
Au pouvoirConstatant l'importance de l'infiltration mafieuse dans l'administration et les services publics, la DNA affirme que "l'intérêt suprême de l'Etat est en jeu" et que pourrait se créer dans certaines régions du sud "un gouvernement mafieux" financé par les ressources publiques, selon des passages publiés par l'agence Ansa.
"Les rapports entre la 'Ndrangheta (mafia calabraise) et la politique, en l'absence d'éléments de collaboration (de repentis) sont difficilement démontrables" car la 'Ndrangheta "est encore plus forte et laisse très peu de traces", écrit Nicola Gatteri de la Direction régionale antimafia de Reggio di Calabria, cité par le quotidien économique
Il Sole-24 Ore.
Le président de la Commission parlementaire antimafia Francesco Forgione, évoquant ces liens entre la mafia et la politique, estime que "la frontière est à présent dépassée, et cela concerne le centre, la droite et la gauche, comme l'ont démontré les dernières affaires en Campanie et en Calabre".
Plusieurs responsables politiques locaux, dont un conseiller régional démocrate-chrétien, ont été interpellés lundi dans le cadre d'une enquête liée au meurtre en 2005 par la mafia du conseiller régional de centre-gauche Francesco Fortugno.