La situation des droits de l'homme s'est détériorée en 2007 en Irak, où les violences contre les civils se poursuivent, a estimé jeudi l'organisation Human Rights Watch.
"Les attaques contre les civils menées par les différents groupes insurgés et milices se poursuivent" en Irak, déplore HRW, dans son rapport annuel sur la situation des droits de l'homme dans le monde.
Toujours trop de violences
Le "nettoyage confessionnel" de Bagdad par des groupes armés sunnites et chiites a continué, malgré l'offensive lancée en février 2007 par l'armée américaine, observe Human Rights Watch. Cette offensive a permis une relative amélioration de la sécurité dans la capitale et une baisse des violences confessionnelles.
"Beaucoup d'attaques ont été menées délibérément pour causer le plus grand nombre de victimes civiles et faire peur, en particulier les attentats sur les marchés, les écoles et les lieux de culte", constate le rapport. HRW cite l'exemple de l'attentat le plus meurtrier commis depuis le début de la guerre en 2003, qui a tué plus de 500 civils membres de la communauté Yazidi en août dernier dans le nord du pays.
Prisons surpeuplées
"L'armée américaine poursuit par ailleurs ses opérations contre les insurgés sunnites et chiites partout dans le pays, faisant un nombre indéterminé de victimes civiles", souligne le rapport. Autre conséquence de l'offensive américaine de février, le nombre de détenus est monté en flèche. "Les prisons irakiennes surpeuplées reçoivent ces nouveaux prisonniers avec difficulté, le système judiciaire croule sous les dossiers, entraînant un retour en arrière dans les prisons où les cas d'abus et de torture sont communs", selon HRW.
Gouvernement
L'organisation de défense des droits de l'homme constate également que le gouvernement du Premier ministre Nouri Al-Maliki est toujours plus "fragmenté". Le projet de loi sur le partage des ressources pétrolières, "indicateur des chances d'un gouvernement de cohésion nationale, est bloqué au Parlement". "Les défections au sein du gouvernement ont réduit sa base politique et religieuse, et ont éloigné la perspective d'une réconciliation politique nationale", ajoute Human Rights Watch.
La manière dont s'est déroulée l'exécution de Saddam Hussein fin décembre 2006 "a enflammé les inquiétudes de la minorité sunnite sur le gouvernement chiite majoritaire", remarque par ailleurs l'organisation. Enfin, la mort de 17 civils irakiens tués en septembre à Bagdad par des employés de la compagnie de sécurité privée Blackwater a démontré "l'impunité dont jouissent ces sociétés privées opérant en Irak".


