La Serbie décide dimanche de l'avenir de ses relations avec l'UE

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Par: rédaction
31/01/08 - 16h39
Tomislav Nikolic.
Boris Tadic.

Le président pro-européen Boris Tadic affronte dimanche un ultranationaliste pro-russe au second tour d'une présidentielle dont le résultat, très incertain, déterminera l'avenir des relations entre la Serbie et l'Union européenne (UE).

Le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, un proche de M. Tadic, a défini l'enjeu du vote en qualifiant de "référendum" pour ou contre l'Europe la bataille entre le président sortant et l'ultranationaliste Tomislav Nikolic. Au premier tour M. Nikolic du Parti radical serbe (SRS, ultranationaliste) est arrivé en tête avec 39,99% de voix contre 35,39 % à M. Tadic du Parti démocrate (DS).

Coude à coude
Selon les derniers sondages les deux hommes, qui s'étaient déjà affrontés à la présidentielle de 2004, sont au coude à coude avec un très léger avantage pour M. Tadic mais la marge d'incertitude n'a pas permis un pronostic absolument fiable. La participation, supérieure à 60 % au premier tour, devrait, selon des estimations, dépasser les 65 %, mais sans que l'on sache à qui cette mobilisation exceptionnelle des électeurs (6,7 millions d'inscrits) pourrait profiter.

Bruxelles suit cette présidentielle avec d'autant plus d'attention et d'inquiétude qu'elle va précéder une proclamation d'indépendance de la part des leaders albanais du Kosovo, la province serbe administrée par l'ONU depuis la fin du conflit de 1998-1999 entre les forces serbes et les séparatistes albanais. L'UE, qui doit prochainement envoyer au Kosovo une mission pour prendre la relève de celle de l'ONU, n'a pas caché sa préférence pour M. Tadic.

Ralliement à l'Europe
Comme son adversaire, le président sortant est opposé à l'indépendance du Kosovo mais contrairement à lui il est persuadé que la Serbie n'a d'autre voie que l'intégration à l'Europe des 27. "Seule une politique d'intégration à l'UE permettra à la Serbie de se développer", a déclaré M. Tadic lors de l'unique débat télévisé qui l'a opposé à M. Nikolic.

Après avoir hésité à faire un geste clair en faveur de M. Tadic, l'UE a finalement proposé de signer avec la Serbie, après la présidentielle, un vague "accord politique de coopération". Alors que M. Tadic espérait la signature de l'Accord de stabilisation et d'association, première pas vers l'adhésion à l'Union, l'éventuel impact de cet accord au rabais reste incertain.

Eurosceptique
"S'il y avait une victoire de M. Nikolic (...) on ne signerait pas l'accord d'association ni cette offre d'accord politique", a précisé le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes Alberto Navarro. Eurosceptique et russophile M. Nikolic voit en la Russie, qui a accordé à la Serbie un soutien sans faille à son opposition à l'indépendance du Kosovo, un "partenaire stratégique" meilleur que l'Union européenne. "Au cours des 17 années que j'ai passées dans la politique serbe je me suis battu pour que celle-ci se tourne vers la Russie", a-t-il dit lors d'une visite à Moscou à la veille du scrutin présidentiel.

Sans fermer entièrement la porte à l'UE, M. Nikolic a souligné que cette voie comportait des "obstacles" et que la Serbie n'accepterait d'y entrer qu'avec le Kosovo. Auparavant il avait clairement indiqué qu'il était prêt à renoncer à l'UE en cas d'indépendance du Kosovo contre lequel il avait même agité la menace d'un blocus économique.

L'issue de la présidentielle est d'autant plus incertaine que, le Premier ministre Vojislav Kostunica de sensibilité nationaliste, pourtant allié à M. Tadic au sein de la coalition gouvernementale, lui a refusé son soutien estimant insuffisant son engagement contre l'indépendance du Kosovo. M. Kostunica a choisi de ne donner aucune consigne de vote.

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