La police fédérale américaine (FBI) a proposé à Nairobi de dépêcher des agents au Kenya pour enquêter sur les meurtres de deux députés de l'opposition cette semaine, a indiqué vendredi le porte-parole de l'ambassade américaine à Nairobi.
Député tué
Le FBI a offert ses services le 29 janvier après le meurtre du député du Mouvement démocratique orange (ODM), Melitus Mugabe Were, dans la nuit de lundi à mardi à Nairobi. "Nous avons présenté cette offre après la mort du premier député. Mais maintenant, notre offre porte sur les deux morts", a déclaré le porte-parole Thomas Dowling. Jeudi, un deuxième député de l'ODM, David Kimutai Too, a été tué par balles dans la banlieue d'Eldoret (ouest) par un policier.
Le porte-parole du gouvernement kényan Alfred Mutua a refusé de commenter l'offre du FBI, mais assuré que Nairobi était prêt à accueillir toute aide permettant de mettre fin aux violences qui ensanglantent le pays depuis un mois. "Le gouvernement du Kenya est prêt à recevoir tout soutien qui aidera à trouver qui est derrière le nettoyage ethnique auquel nous avons assisté", a-t-il déclaré.
Odinga
L'opposant Raila Odinga, qui dénonce des meurtres à motivation politique, souhaite que le gouvernement accepte l'offre du FBI, accusant la police de manquer de neutralité dans ses enquêtes. "Nous voulons que le gouvernement invite le FBI et accélère l'enquête sur les deux députés assassinés", a déclaré vendredi M. Odinga lors d'une visite dans une morgue de Nairobi où a été transféré le corps de M. Kimutai Too. "La police kényane a échoué parce qu'elle est déjà parvenue à des conclusions", a-t-il ajouté.
Crime passionnel
La police privilégie la piste du "crime passionnel" dans le meurtre de M. Kimutai Too, tué alors qu'il se trouvait avec une femme policière, qui a également succombé à ses blessures par balles. Selon M. Odinga, ce meurtre relève d'un "complot" pour affaiblir son camp au Parlement. Après le meurtre de M. Mugabe Were, M. Odinga avait affirmé que "ses adversaires" politiques, en référence au camp de M. Kibaki, étaient impliqués dans cet "assassinat brutal". (belga)


