La veuve et le fils de l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, recherchés par la justice serbe, ont obtenu l'asile politique en Russie, ont annoncé vendredi les agences russes Itar-Tass et Interfax, confirmant des informations de presse serbes.
Le droit d'asile a été accordé à Mira Markovic et Marko Milosevic il y a un an selon Itar-Tass, plusieurs années selon Interfax, citant des sources au sein des forces de l'ordre sous couvert de l'anonymat. Des journaux serbes s'étaient fait l'écho jeudi de cette information.
Mandat international
Le Service russe de l'Immigration s'est refusé à tout commentaire sur cette information, de même que l'ambassade de Serbie à Moscou. Inculpée d'abus de pouvoir pour avoir favorisé l'attribution illégale d'appartements de fonction, et mise en cause dans le mystérieux assassinat, en août 2000, de l'ancien président Ivan Stambolic, Mme Markovic a quitté son pays en 2003.
Elle se serait alors réfugiée en Russie, où s'était installé son fils Marko dès 2000, année de la chute du régime de son père. La mère et le fils font aussi l'objet d'un mandat international pour trafic de cigarettes dans les années 90. Le frère du défunt président, Borislav Milosevic, ancien ambassadeur de Yougoslavie à Moscou, a déclaré n'être pas en mesure de confirmer l'octroi d'un droit d'asile. "Je ne sais pas. Je n'ai pas de contacts avec eux", a-t-il dit à l'agence Interfax.
Slobodan Milosevic est mort en mars 2006 dans sa cellule de la prison du Tribunal pénal international (TPI) à La Haye, qui le jugeait pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Son procès portait sur son rôle dans les guerres ayant fait 200.000 morts dans les années 90 en ex-Yougoslavie. Craignant d'être arrêtée, Mira Markovic s'était abstenue, de même que son fils, d'assister aux obsèques de son mari en Serbie.


