-
 

La convention sur la traite des êtres humains entre en vigueur

Une Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains, le premier traité européen en la matière, est entrée en vigueur vendredi, a annoncé le Conseil de l'Europe.

Le traité, qui s'applique à l'exploitation sexuelle, au travail forcé, à l'esclavage et au prélèvement d'organes, est applicable dans les dix premiers pays à l'avoir ratifié: Albanie, Autriche, Bulgarie, Croatie, Chypre, Danemark, Géorgie, Moldavie, Roumanie et Slovaquie. Ils seront rejoints en mai par la France, la Bosnie-Herzégovine et la Norvège.

"Nous disposons enfin d'une arme efficace pour lutter contre l'esclavage moderne", a commenté le secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis. Il a rappelé que chaque année, "plus de 600.000 personnes sont vendues en Europe, victimes de criminels internationaux. 80% des victimes sont des fillettes et des femmes, et 70% se retrouvent en situation d'esclavage sexuel".

"Avec le commerce des armes et le trafic des drogues, la traite est l'un des rares secteurs qui n'a jamais connu de ralentissement économique", a déploré Lluis Maria de Puig, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. La Convention permettra de "combattre plus efficacement cette intolérable barbarie moderne", a-t-il commenté.

Quelque 2,45 millions de personnes sont victimes de la traite dans le monde, selon l'Organisation internationale du Travail, et les profits illicites de ce commerce s'élèvent à 24 milliards d'euros par an.

La Convention stipule que les victimes de la traite, considérée comme une infraction pénale, doivent être reconnues comme telles pour éviter que la police et les pouvoirs publics ne les traitent comme des immigrants clandestins ou des criminels. Les victimes disposeront de 30 jours au moins pour se rétablir et prendre une décision quant à leur coopération éventuelle avec les autorités.

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 60.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation

Mediargus Metriweb