Le gouvernement tchadien refuse tout cessez-le-feu

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Par: rédaction
5/02/08 - 15h41

Le gouvernement tchadien a rejeté mardi toute idée de cessez-le-feu avec la rébellion, affirmant que les rebelles étaient "matés" et réduits à des éléments en déroute poursuivis à une cinquantaine de kilomètres de la capitale N'Djamena.

Les rebelles tchadiens, qui semblaient en mesure de renverser le président Idriss Deby Itno le week-end dernier, avaient mardi matin dit accepter le principe d'un cessez-le-feu, après de fortes pressions diplomatiques. "Cessez-le-feu pourquoi ? Les rebelles n'existent plus. On fait signer un cessez le feu avec qui ? Nous les avons matés", a affirmé le chef du gouvernement tchadien Nourredine Delwa Kassiré Coumakoye à la chaîne d'information en continu France 24. "Nous n'avons pas seulement le contrôle de la situation. Il n'y a plus aucune rébellion. Ils ont été tous décimés. Le reliquat est en train d'être poursuivi à une cinquantaine de km" de N'Djamena, a affirmé M. Coumakoye.

Les rebelles "sont en train d'être traités par notre aviation", a-t-il dit. "Ils ont pris les véhicules de particuliers pour s'enfuir". M. Coumakoye a une nouvelle fois accusé le Soudan d'être à l'origine de l'attaque des rebelles. "Nous disons que nous sommes agressés par le Soudan puisque les éléments qui sont venus étaient là en tant qu'armée du Soudan", a-t-il dit. "La majorité sont des enfants recrutés dans les madrassas (écoles coraniques). Ce ne sont pas des Tchadiens. C'est l'armée populaire soudanaise", a-t-il affirmé.

Son ministre des Affaires étrangères, Ahmat Allami, en visite à Paris, a assuré de son côté que "les Tchadiens mêlés à cette affaire ne sont que les instruments d'une cause qui n'est pas la leur. Ils ne sont que de la chair à canon". "Nous sommes prêts à leur tendre la main pour qu'ils s'inscrivent dans le cadre de l'accord politique du 13 août" entre des mouvements rebelles et le pouvoir tchadien à Syrte (Libye), a-t-il ajouté en sortant d'un entretien avec son homologue français Bernard Kouchner.

M. Allami s'est également déclaré "incapable de confirmer ou d'infirmer" les informations faisant état d'arrestation d'opposants politiques à N'Djamena. "A ma connaissance, aucune personnalité n'est arrêtée", mais "en période de guerre, il peut apparaître que des complices soient arrêtés par les services de sécurité", a-t-il dit devant la presse.

M. Kouchner pour sa part a déclaré: "Nous avons des noms de personnes qui seraient arrêtées" dont "certains qui sont des responsables de l'accord du 13 août". "Nous avons communiqué cela à N'Djamena", a-t-il ajouté. Des "arrestation arbitraires" d'opposants ont lieu depuis dimanche soir au Tchad, a annoncé lundi depuis Dakar la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho).

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