MISE À JOUR
Neuf membres du Hamas ont été tués mardi dans deux attaques israéliennes à Gaza au lendemain d'un attentat suicide en Israël revendiqué par le mouvement islamiste, une première depuis plus de trois ans.
Craignant d'autres opérations suicide, notamment de Palestiniens de Gaza s'étant infiltrés par l'Egypte, Israël a placé ses services de sécurité et son armée en "état d'alerte avancé", le niveau maximum avant l'état d'urgence. Peu avant la revendication formelle par le Hamas de l'attentat suicide de Dimona (sud d'Israël), qui a fait trois morts dont ses deux auteurs, un appareil israélien a visé un poste de la police du mouvement palestinien, dans le sud de la bande de Gaza, tuant sept de ses membres et blessant deux autres, selon des sources médicales.
"L'attaque a été menée contre un poste du Hamas", a confirmé un porte-parole de l'armée israélienne. "Cette attaque aérienne est une réponse aux tirs de roquettes Qassam ce matin contre la ville de Sdérot" dans le sud d'Israël, a-t-il ajouté. "Ce crime ne restera pas impuni et l'occupation sioniste paiera un prix fort", a affirmé le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.
Dans la soirée, l'aviation israélienne a mené un autre raid dans la partie nord de la ville de Gaza contre des activistes du mouvement islamiste, dont trois ont été blessés, selon des sources hospitalières.
Au cours de la journée, une dizaine de roquettes ont été tirées depuis Gaza contre le sud d'Israël, faisant deux blessés à Sdérot, où une maison a été touchée de plein fouet, selon l'armée israélienne. Le Hamas a revendiqué le tir de quatre roquettes.
Dans la matinée, deux activistes du Hamas ont péri lors d'une incursion de l'armée israélienne près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Après s'être contenté lundi de qualifier l'attentat de Dimona, le premier depuis un an en Israël, d'"acte héroïque", le Hamas a ouvertement revendiqué mardi l'attaque, dont trois autres groupes armés avaient dans un premier temps revendiqué la responsabilité.
"Les Brigades Ezzedine Al-Qassam revendiquent l'entière responsabilité pour l'opération de martyre de Dimona", a affirmé la branche armée du mouvement dans une annonce transmise aux journalistes. L'attentat a été mené par Mohammad Al-Hirbawi et Chadi Al-Zoughayer, de la ville de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, a précisé le Hamas. Il s'agit du premier attentat suicide revendiqué par le Hamas depuis une double attaque menée le 31 août 2004 à Beersheva, dans le sud d'Israël, et qui avait fait 16 morts.
"Le Hamas n'a jamais annoncé qu'il avait arrêté ou qu'il allait arrêter une quelconque forme de résistance, y compris les opérations de martyre", a affirmé M. Abou Zouhri. En Israël, les forces de sécurité et l'armée sont placées en état d'alerte avancée depuis plus de 24 heures. "Nos forces ont été placées en état d'alerte avancée, car nous craignons une vague d'attentats terroristes, après l'attentat de lundi à Dimona", qui a causé la mort d'une Israélienne et celle de deux kamikazes palestiniens, a déclaré le commandant de police Bertie Ohayon.
Israël craint des infiltrations sur son territoire de Palestiniens ayant transité par l'Egypte. Après l'ouverture de la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte le 23 janvier, à l'explosif et au bulldozer, des centaines de milliers de Palestiniens de ce territoire se sont rués vers la partie de la ville de Rafah située dans le Sinaï (Egypte). La frontière a été refermée dimanche.
Un Palestinien a été tué par balle et plus de 10 personnes, dont huit policiers égyptiens, ont été blessées lundi lors de heurts entre policiers égyptiens et manifestants palestiniens qui protestaient contre cette fermeture de la frontière. Le Hamas a dit "regretter" le recours à la force lundi par la police égyptienne pour disperser les manifestants.


