Une cyberpétition veut barrer la route de Blair à la tête de l'Europe

sauvegarder
Par: rédaction
6/02/08 - 16h11

Implicitement soutenue par le président français pour accéder au futur poste de président de l'Union européenne, la candidature de Tony Blair rencontre une opposition grandissante, y compris sur internet où une pétition citoyenne contre la désignation de l'ancien Premier ministre britannique vient d'être lancée.

Accessible pour le moment dans neuf langues, la pétition (www.stopblair.eu) estime que sa nomination à cette fonction serait "en totale contradiction avec les valeurs portées par le projet européen". Les initiateurs font valoir que M. Blair a engagé, "en violation du droit international", son pays dans la guerre en Irak en utilisant "de manière systématique la manipulation de l'information et fait usage de preuves fabriquées".

Critiques
Ils pointent également la participation du gouvernement travailliste au programme américain "d'extraditions extraordinaires" de terroristes présumés vers des prisons secrètes, et ce en contravention des règles internationales. Outre sa proximité avec les Etats-Unis de George W. Bush, Tony Blair est également attaqué pour son action sur la scène européenne, notamment sa ferme opposition à la Charte des droits fondamentaux dont il a exigé et obtenu qu'elle ne s'applique pas à la Grande-Bretagne.

"Plutôt que de faire avancer l'intégration européenne, l'ancien Premier ministre britannique a imposé un certain nombre de lignes rouges au cours des négociations du traité de Lisbonne, avec pour but d'empêcher tout progrès sur les questions sociales et l'harmonisation fiscale, ainsi qu'en matière de politique étrangère et de sécurité commune", affirment les pétitionnaires.

Incompréhensible
Ils estiment en outre inconcevable "que le premier président du Conseil de l'Union européenne soit l'ancien chef d'un gouvernement qui a maintenu son pays en dehors de deux éléments clefs de la construction de l'Europe: la zone Schengen de libre circulation des personnes et la zone euro".

Les organisateurs espèrent recueillir au moins un million de signatures, en référence à une nouvelle disposition du Traité de Lisbonne qui renforce le principe de pétition dans l'UE, pour autant que celles-ci recueillent au moins un million de signatures. En deux jours, près de 1.300 signatures ont déjà été récoltées. Cette démarche, qui se veut citoyenne, rejoint les critiques formulées ces dernières semaines par plusieurs hommes politiques envers M. Blair, lequel n'a pas fait officiellement acte de candidature mais convoiterait bel et bien la fonction.

Président du Conseil
L'ancien Premier ministre travailliste a déjà reçu le soutien implicite du président français Nicolas Sarkozy. Le Traité de Lisbonne, en voie de ratification auprès des Vingt-sept, prévoit la création d'un poste de président du Conseil de l'Union européenne, chargé notamment de représenter l'UE sur la scène internationale.

Celui-ci sera désigné par les chefs d'Etat et de gouvernement pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois. Les diplomates européens viennent précisément d'entamer les discussions pour affiner le descriptif de la fonction. Les négociations sérieuses pour choisir une personnalité devraient se tenir au second semestre 2008, sous présidence française. Le nouveau président devrait théoriquement entrer en fonction en janvier 2009, pour autant que le Traité simplifié ait été partout ratifié d'ici là.

Outre M. Blair, d'autres noms sont régulièrement cités pour la fonction, dont celui du Premier ministre démocrate-chrétien luxembourgeois, Jean-Claude Juncker et celui du Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

Votre avis nous intéresse!