Nouvelle mobilisation des taxis français
Les taxis ont manifesté mercredi dans toute la France, bloquant la circulation à Paris comme dans plusieurs villes de province, pour protester contre la "déréglementation" de leur profession prônée selon eux par la commission Attali, alors que leurs représentants devaient être reçus à Matignon.
Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a affirmé à l'issue du conseil des ministres qu'il était "hors de question de faire subir une réforme" aux taxis, qui sont "légitimement inquiets". Une porte-parole de la Fédération nationale des artisans du taxi (Fnat) a estimé à 5.000 le nombre de participants à la journée d'action à Paris, et plusieurs responsables ont jugé la participation supérieure à celle de la première journée d'action du mercredi 30 janvier.
En Province, des rassemblements étaient prévus à Lille, Rouen, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Nice, Marseille et Lyon. Dans le sud du pays, les accès à Marseille et à la gare TGV d'Aix-en-Provence étaient difficiles, à cause des rassemblements de taxis aux arrivées de l'A55 et de l'A7 porte d'Aix. Des opérations escargot ont été organisés à proximité de Nice. En Languedoc-Roussillon, quelque 300 taxis ont bloqué l'A9, près de la frontière franco-espagnole du Perthus.
Dans l'agglomération toulousaine, le trafic routier a été perturbé dans la matinée. A Lyon, quelque 300 taxis ont bloqué l'entrée sud de la ville. Dans l'ouest, les accès à l'aéroport de Brest ont été temporairement bloqués et quelque 650 taxis ont convergé vers Nantes. D'autres manifestations ou opérations escargots ont eu lieu à Lille, Rouen, Tours et à Strasbourg, où les taxis ont manifesté sur le pont de l'Europe.
Licences gratuitesLa commission Attali a notamment recommandé dans son rapport d'"augmenter le nombre de taxis" et préconisé d'attribuer des licences gratuites aux demandeurs inscrits à la fin 2007, alors que le nombre de licences est actuellement encadré.
Selon la commission, une "ouverture complète" du marché des taxis et véhicules de petite remise (VPR, voitures avec chauffeur sur réservation) permettrait d'avoir au total de 50.000 à 60.000 taxis et VPR à Paris et en proche banlieue, contre 16.000 taxis aujourd'hui. Une perspective qui a été jugée "catastrophique" par le président de la Fnat Alain Estival.