Israël a décidé mercredi de fortifier sa frontière avec l'Egypte en érigeant une barrière dans plusieurs secteurs afin d'empêcher les infiltrations d'activistes palestiniens sur son territoire.
"Israël va bientôt entamer la construction de deux sections de la barrière" à la frontière avec l'Egypte, a affirmé un haut responsable, sous couvert de l'anonymat. La première section de la barrière renforcée sera construite près de la ville balnéaire d'Eilat, sur la mer rouge, et la deuxième dans le secteur de Nitzana, au milieu de la frontière entre l'Egypte et Israël.
Infiltration
La frontière entre l'Egypte et Israël, en plein désert du Sinaï, est actuellement composée d'une clôture rudimentaire et poreuse par où s'infiltrent de nombreux trafiquants de drogue et des immigrants clandestins. Mais la décision a été surtout prise pour empêcher toute infiltration de kamikazes palestiniens depuis le Sinaï égyptien après la récente destruction à l'explosif de tronçons de la clôture frontalière entre la bande de Gaza et l'Egypte.
Cette frontière a été fermée en début de semaine mais Israël craint que des activistes palestiniens ayant gagné le Sinaï égyptien ne s'infiltrent sur son territoire pour mener des attentats. Sur le terrain, trois roquettes et un obus de mortier tirés depuis la bande de Gaza se sont abattus dans la matinée dans le sud d'Israël sans faire de victime alors que deux Palestiniens ont été blessés dans un nouveau raid aérien israélien contre une position du Hamas au nord de Gaza.
Attentat suicide
Le Hamas a revendiqué mardi l'attentat suicide commis la veille à Dimona, dans le sud d'Israël, pour la première fois depuis le 31 août 2004. Le numéro deux du gouvernement israélien, Haïm Ramon, a affirmé qu'il fallait "utiliser l'arme des pressions économiques car c'est une guerre qui est en cours contre le Hamas". "Lorsque des pressions économiques sont exercées, les tirs de roquettes diminuent", a ajouté M. Ramon.
"Nous appelons le gouvernement israélien à ne pas imposer davantage de restrictions sur Gaza et à permettre l'acheminement de toutes les aides humanitaires et les produits de consommation courante", a répondu le président Mahmoud Abbas. "Il faut que les roquettes cessent mais en même temps il ne faut pas imposer une punition collective au peuple palestinien", a-t-il insisté. Israël impose déjà depuis le 17 janvier un blocus à la bande de Gaza qui a provoqué des pénuries de produits et des coupures d'électricité.
Pour s'approvisionner, des centaines de milliers de Palestiniens se sont rués vers l'Egypte après l'ouverture à l'explosif et au bulldozer de brèches dans la clôture frontalière par des activistes du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza depuis juin.


