Le gouvernement rwandais n'a pas été "informé officiellement" du lancement de mandats d'arrêt par la justice espagnole contre 40 militaires pour "génocide, crime contre l'humanité et terrorisme", a déclaré mercredi le ministre de la Justice Tharcisse Karugarama.
"Nous ne l'apprenons que par les médias. Le gouvernement rwandais n'en est pas informé officiellement", a-t-il dit, ajoutant que "quand le gouvernement rwandais sera saisi officiellement, il donnera sa réaction en bonne et due forme". "Mais nous sommes sûrs que c'est une campagne orchestrée par des groupes d'individus opposés au gouvernement rwandais", a néanmoins ajouté M. Karugarama.
40 militaires
L'Audience nationale, principale instance pénale espagnole, a lancé des poursuites contre 40 militaires rwandais, dont onze généraux, pour "génocide, crime contre l'humanité et terrorisme", pour des faits commis dans les années 90 au Rwanda.
La justice espagnole estime que les hommes de l'actuel président rwandais Paul Kagame ont sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvenal Habyarimana, au pouvoir de 1973 à 1994, en commettant des actes terroristes avant de s'emparer du pouvoir. "Il y a vraiment de la confusion. On ne sait pas qui est accusé d'avoir fait quoi, où et quand?", a estimé M. Karugarama.
"La justice rwandaise fonctionne. Ici nous ne tolérons aucun criminel. Si des crimes sont commis sur le territoire national, notre loi est là", a encore dit le ministre rwandais. Un peu plus tôt, le porte-parole de l'armée rwandaise avait également jugé que ces mandats d'arrêt ne visaient "qu'à ternir l'image du Rwanda" et relevaient d'une "campagne mal intentionnée".


