Le Premier ministre serbe ne doit pas empêcher le rapprochement avec l'UE

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Par: rédaction
6/02/08 - 20h31

Le président serbe pro-occidental Boris Tadic a demandé mercredi au Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica de cesser son "obstruction" au travail du gouvernement à propos du rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne.

"Il est nécessaire que toutes les institutions de l'Etat fassent leur travail, et personne n'est autorisé à y faire obstruction en raison de prises de position partisanes", a déclaré M. Tadic dans un communiqué. Le président et le Premier ministre serbes s'opposent sur la question du rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne, ce qui a mis en péril la survie du gouvernement de coalition après la réélection de M. Tadic à la présidence dimanche dernier.

M. Tadic est favorable au rapprochement alors que M. Kostunica estime qu'il ne peut se faire en raison du soutien de l'UE à la déclaration d'indépendance du Kosovo que doivent faire prochainement les autorités albanaises du Kosovo. En raison de la position de M. Kostunica, un accord de coopération UE-Serbie n'a pas pu être signé jeudi à Bruxelles.

Kosovo
M. Kostunica a en effet estimé que cet accord était en fait une "supercherie" destinée à contraindre la Serbie à reconnaître l'indépendance du Kosovo, indépendance à laquelle aussi bien M. Kostunica que M. Tadic sont opposés. Dans le même temps, M. Kostunica a refusé de réunir le gouvernement pour donner son feu vert à la signature de l'accord avec l'UE. Mais le président du parlement, Oliver Dulic, un proche de M. Tadic, a refusé de convoquer le parlement.

Cette situation de blocage risque de conduire à une paralysie totale de l'action gouvernementale, estiment certains analystes. Selon M. Kostunica, l'accord avec Bruxelles ne peut être signé, car l'UE prévoit d'envoyer prochainement une mission civile au Kosovo pour prendre la relève de celle de l'ONU qui administre le Kosovo 1999 à la suite de l'intervention de l'OTAN pour mettre fin à l'expulsion de près d'un million de civils albanais et aux massacres d'une dizaine de milliers d'entre eux par l'armée serbe.

Obstruction
En signant cet accord, "la Serbie (...) deviendra le premier pays ayant indirectement reconnu l'indépendance du Kosovo", a dit M. Kostunica. M. Tadic "appelle le Premier ministre (...) à convoquer une réunion régulière du gouvernement", a indiqué, après la déclaration de M. Tadic, un communiqué de la présidence. En confirmant mercredi que l'accord UE-Serbie ne pourrait être signé jeudi, la Commission européenne a déploré "l'obstruction" de M. Kostunica.

L'Union européenne avait proposé le 28 janvier, quelques jours avant le second tour de l'élection présidentielle serbe, que cet accord censé réaffirmer la vocation de la Serbie à rejoindre un jour l'UE soit signé le 7 février à Bruxelles. Il était perçu comme une sorte de prélude à la signature de l'Accord d'association et stabilisation, premier pas vers l'intégration à l'UE, que la Serbe a "paraphé" en novembre 2007 et que M. Tadic souhaite signer dès que possible.

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