Poursuite des pourparlers au Kenya pour mettre fin aux violences

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Par: rédaction
6/02/08 - 21h38

Des négociations cruciales entre le gouvernement kényan et l'opposition se sont poursuivies mercredi sous la médiation de Kofi Annan, alors que les violences politico-ethniques secouant l'ouest du Kenya ont fait au moins 34 morts depuis le week-end.

L'épineuse question du partage du pouvoir entre les deux camps a été, pour la deuxième journée consécutive, au coeur des discussions qui ont débuté le 31 janvier sous l'égide du médiateur de l'Union africaine (UA), Kofi Annan. Le Mouvement démocratique orange (ODM), parti de l'opposant Raila Odinga, a finalement décidé de ne plus appeler à des manifestations pour protester contre une réunion à Nairobi de l'Autorité intergouvernementale de développement (Igad, sept pays d'Afrique de l'Est) qui, selon elle, légitimait la présidence contestée du chef de l'Etat kényan Mwai Kibaki.

Sommet
Un sommet de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC) est en outre prévu vendredi à Nairobi. Ce sommet a pour objectif d'examiner les progrès fait par la médiation de Kofi Annan et encourager les deux parties à rester engagées dans le dialogue. L'EAC est composé du Rwanda, du Burundi, du Kenya, de la Tanzanie et de l'Ouganda.

Mardi, Kofi Annan, qui préside des pourparlers entre le gouvernement et l'opposition kényane, avait exigé que les deux parties s'abstiennent de faire des "déclarations provocatrices" parallèlement aux négociations en cours, qui sont cruciales pour sortir le pays d'une des pires crises depuis son indépendance, en 1963. M. Annan faisait référence à un communiqué publié plus tôt par l'ODM sur d'éventuelles manifestations si la réunion de l'Igad se tenait.

Espoirs
Cette crise kényane est née de la contestation par M. Odinga de la réélection du président Kibaki. M. Odinga l'accuse d'avoir fraudé pour lui voler la victoire à la présidentielle du 27 décembre. Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, est parti mercredi pour Nairobi avec l'espoir qu'une "percée décisive" intervienne "dans les prochains jours" pour sortir le Kenya de la crise.

"Nous sommes confiants qu'une percée politique décisive peut être réalisée dans les prochains jours et nous attendons avec impatience de poursuivre les relations proches et mutuellement bénéfiques avec le Kenya sur cette base", a-t-il dit.

Violences
L'UE avait prévenu la semaine dernière que sans solution à cette crise, elle réduirait son aide financière et ses relations avec le Kenya. Sur le terrain, les violences se sont poursuivies mercredi dans la région d'Eldoret (ouest), où 19 personnes ont été tuées dans des affrontements entre communautés rivales depuis dimanche. Les violences ont lieu dans la zone de Trans Nzoia.

"Nous avons déployé des hommes là-bas pour y restaurer la sécurité", a précisé le porte-parole national de la police, Eric Kiraithe. Mardi, douze personnes avaient été tuées par la police et lors d'affrontements interethniques, dans la province de Nyanza (ouest), portant à 31 le bilan des morts dans ces violences depuis le week-end.

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