Poursuite des pourparlers au Kenya dans un climat de défiance
Les négociations pour trouver une issue à la crise politique au Kenya se poursuivaient jeudi dans un climat de défiance, alimenté par des accusations de l'opposition contre le gouvernement, le Conseil de sécurité ayant "exhorté" les deux parties à oeuvrer à "la réconciliation".
Sur le terrain, dix personnes ont encore été tuées mercredi et dans la nuit, dans des affrontements entre communautés dans l'ouest du Kenya.
AccusationsAu troisième jour des pourparlers entre gouvernement et opposition consacrés à la crise politique issue de la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre, le parti de l'opposant Raila Odinga a publiquement accusé le camp adverse d'armer des milices impliquées dans les sanglants affrontements interethniques de l'ouest du pays.
Ces accusations interviennent deux jours après que Kofi Annan eut appelé les deux parties à s'abstenir de faire des "déclarations provocatrices" parallèlement à ces négociations cruciales. "L'administration Kibaki continue d'utiliser l'argent des contribuables pour acquérir des armes pour les milices du PNU", le Parti de l'unité nationale de M. Kibaki, a déclaré le secrétaire général du Mouvement démocratique orange (ODM), Anyang Nyongo.
Il a également accusé le parti de M. Kibaki de "faire une razzia dans les stocks d'armes de l'Etat" pour armer les milices pro-gouvernementales, "dont les Mungiki", secte interdite en 2002 et qui s'est muée en un gang criminel.
"Grotesques"Le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua, a jugé ces accusations "grotesques". "Elles n'aident pas les discussions, elles minent le dialogue", a-t-il dit. "L'opposition réagit comme cela parce qu'elle sait que certains de ses dirigeants sont impliqués dans des actes de nettoyage ethnique, et que la vérité commence à sortir", a accusé M. Mutua.
Mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a "exhorté fortement les dirigeants politiques kényans à promouvoir la réconciliation", tout en apportant son "plein soutien aux efforts" de médiation de Kofi Annan. Il s'agissait de la première déclaration formelle du Conseil de sécurité depuis le début de la crise. Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, se trouvait, lui, jeudi à Nairobi où il a rencontré M. Annan.