-
 

Deux partis basques supendus

Jone Goirizelaia, avocate du PCTV.
La justice espagnole a ordonné vendredi la suspension des activités de deux partis indépendantistes basques proches du parti interdit Batasuna, le PCTV et ANV, qui ne pourront donc pas se présenter aux élections législatives espagnoles du 9 mars.

Trois ans
Cette suspension décidée par le juge Baltasar Garzon de l'Audience nationale (principale instance pénale espagnole), est valable pendant trois ans, et prolongeable pendant deux ans, a indiqué une source judiciaire. Elle "interdit les candidatures à toutes les élections pendant les trois ans de suspension, ce qui inclut les prochaines élections législatives", selon la décision du juge Garzon.

Collaboration
Le juge considère le PCTV (Parti communiste des terres basques) et ANV (Action nationaliste basque) coupables "de collaboration avec une organisation terroriste, d'association illégale non terroriste, de fraude dans l'utilisation des subventions et/ou de malversations". Il a demandé la fermeture de tous les sièges et locaux de ces deux partis, de même que de leurs sites internet, et le gel de leurs comptes et opérations bancaires. Cette suspension ne concerne pas les sièges de députés régionaux ou d'élus locaux obtenus par ces deux partis lors de précédents scrutins, précise la décision.

Le PCTV et ANV sont suspectés d'avoir servi de prête-nom à Batasuna pour se présenter aux élections lors de deux précédents scrutins.
Le PCTV avait obtenu sept sièges de députés au parlement régional basque en 2005, tandis qu'ANV a remporté 437 conseillers municipaux aux municipales de mai 2007.

Détention
Batasuna est interdit depuis 2003 en Espagne pour ses liens avec l'organisation indépendantiste basque armée ETA dont il ne condamne pas explicitement la violence. La plupart de ses dirigeants sont actuellement incarcérés après le placement en détention provisoire jeudi de deux de ses derniers dirigeants encore en liberté, Pernando Barrena et Patxi Urrutia.

Hors-la-loi
Le Tribunal suprême espagnol examinait parallèlement vendredi la mise hors-la-loi de ces deux partis, qui devrait être décidée dans les prochains jours. Depuis juin dernier et la fin du "cessez-le-feu permanent" de l'ETA qui avait mis un terme définitif à la tentative de dialogue engagée par le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero pour sortir de la violence, l'étau de la justice s'est resserré sur le groupe armé et son assise politique.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une explosion attribuée à l'ETA a endommagé le tribunal de Bergara (nord) au Pays Basque espagnol, provoquant d'importants dégâts matériels, mais sans faire de victime. (belga/7sur7)

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 60.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation

Mediargus Metriweb