Les 103 enfants que les membres de l'association française l'Arche de Zoé avaient tenté de faire sortir du Tchad n'ont toujours pas retrouvé leurs familles plus de trois mois après le début de l'affaire, a annoncé l'Unicef ce vendredi.
"Les 103 enfants sont toujours à Abeche (est du Tchad) sous la surveillance du ministère des Affaires sociales, avec le soutien de plusieurs agences de l'ONU", a déclaré Martin Dawes, porte-parole régional de l'organisation onusienne. "Il semble que le ministère (des Affaires sociales) attende une instruction du ministère de la Justice pour rendre les enfants à leurs familles", a-t-il ajouté.
Six Français membres de l'Arche de Zoé ont été condamnés le 26 décembre à N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour avoir tenté fin octobre d'exfiltrer du Tchad vers la France 103 enfants, qu'ils présentaient comme des orphelins du Darfour (ouest du Soudan), alors que nombre d'entre eux avaient au moins un parent et étaient originaires du Tchad.
Plus de trois mois plus tard, "l'Unicef effectue des démarches" pour que les enfants soient rendus à leurs parents "le plus tôt possible", a ajouté M. Dawes, précisant que "certains parents avaient déjà rendu visite à leurs enfants" dans un camp d'Abeche.
Les avocats des six condamnés, qui ont vu leur peine transformée le 28 janvier en huit ans de prison ferme en France conformément au droit français, ont formulé auprès de la présidence française des demandes de grâce. Ces documents ont été envoyés ce vendredi à l'ambassade de France à N'Djamena, qui devait les remettre "dans la journée" aux autorités tchadiennes. Le président tchadien Idriss Deby avait affirmé jeudi qu'il était "prêt à pardonner" et à accorder rapidement la grâce aux six membres de l'ONG, si Paris lui en faisait la demande. (belga)


