Nouvelle panne d'électricité à Kinshasa

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Par: rédaction
9/02/08 - 15h24

La ville de Kinshasa a connu jeudi et vendredi une - nouvelle - coupure de courant de grande envergure à la suite de l'explosion jeudi soir d'un transformateur au barrage hydro-électrique d'Inga, dans la province du Bas-Congo, au sud-ouest de la capitale congolaise, a rapporté samedi la presse kinoise, qui dénonce cette "situation invraisemblable".

La panne a duré six heures, plongeant dans l'obscurité cette vaste mégalopole de six à huit millions d'habitants. Selon l'administratrice déléguée générale adjointe de la Société nationale d'électricité (SNEL), Bernadette Tokwaulu Aena, la distribution a toutefois repris vendredi. "L'explosion du transformateur de tension a abîmé d'autres matériels de transmission du courant électrique, ce qui a provoqué la panne du courant observée jeudi et vendredi dans la ville de Kinshasa.

Maintenant la situation est complètement rétablie avec la réparation de ce transformateur, de disjoncteurs et du parafoudre", a-t-elle affirmé à la radio onusienne Okapi. Selon Mme Tokwaulu, la SNEL fournit désormais 360 mégawatts à Kinshasa et à ses environs.
Or, il faut au minimum entre 380 et 400 mégawatts pour satisfaire tous les besoins en énergie électrique de la ville, a-t-il souligné. Elle a ajouté que pour mettre fin à ces coupures intempestives du courant et à la situation de "délestage", la SNEL devait trouver les moyens de renouveler tous les équipements partant du barrage d'Inga et sur l'ensemble du r"seau électrique national.

Mme Tokwaulu a rappelé que la Banque mondiale venait de débloquer 489 millions de dollars pour la réhabilitation des barrages de Inga I et Inga II, situés sur le même site. Situé dans une zone de rapides du fleuve Congo en aval de Kinshasa, la centrale hydro- électrique d'Inga constitue la plus grande réserve potentielle en énergie hydro-électrique en Afrique. Elle pourrait alimenter toute le contient avec une production de 34.000 megawatts mais que cela nécessitait un investissement d'environ 80 milliards de dollars (55 milliards d'euros), selon la Banque mondiale.

Sur les 14 turbines des centrales d'Inga I et II, sept ne fonctionnent plus, faute d'entretien au cours des années et une partie de l'électricité produite par les autres est exportée, notamment au Congo voisin, au Zimbabwe et en Afrique du Sud. Le barrage a été mis en service en 1971. Depuis lors il n'a jamais connu d'entretiens et ses matériels sont vétustes", a confirmé l'ingénieur Rydi Sido de la SNEL, cité par l'agence Chine nouvelle. "Kinshasa dans le noir. Situation invraisemblable pour un pays qui dispose d'un des plus grands barrages hydroélectriques de l'Afrique", commentait samedi le journal Le Potentiel.

"Ce qui se passe aujourd'hui à la SNEL témoigne de graves dysfonctionnements qui minent encore les entreprises publiques congolaises. Car, au lieu de les réformer, la transition "1+4" (au pouvoir entre 2003 et 2006, NDLR) n'avait trouvé mieux que de se les partager entre belligérants, signataires de l'Accord global et inclusif de 2003 pour s'enrichir. Depuis, nonobstant les élections, rien n'a changé", ajoute ce quotidien. (belga)

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