Les actionnaires du Monde ont soldé lundi la crise de gouvernance du groupe, avec les démissions de deux de ses principaux protagonistes, Jean-Michel Dumay et Alain Minc, et l'élection de Louis Schweitzer en remplacement de ce dernier à la tête du conseil de surveillance.
Lors d'un conseil de surveillance réuni en milieu d'après-midi, M. Dumay, président de la Société des rédacteurs du Monde (SRM, actionnaire de référence) et vice-président du conseil de surveillance, a comme prévu, présenté sa démission. Fin janvier, les actionnaires externes du groupe l'avaient sommé de quitter ses fonctions, à la fin de son mandat le 30 juin, afin de permettre l'élection d'Eric Fottorino à la présidence du directoire du groupe.
Tout en dénonçant un "chantage" et une "extorsion de signature", M. Dumay avait indiqué qu'il démissionnerait sans attendre, dès le prochain conseil de surveillance. Les sociétés de personnels du groupe, qui constituent l'actionnariat interne du Monde, avaient alors enjoint le président du conseil de surveillance Alain Minc à faire de même. Poussé vers la sortie en juillet dernier par les sociétés de personnels, l'homme d'affaires devait quitter ses fonctions le 31 mars prochain. Après avoir acté la démission de M. Dumay, il a à son tour annoncé qu'il quittait ses fonctions immédiatement.
Pour remplacer M. Minc, vivement contesté par les journalistes du Monde pour sa proximité affichée avec Nicolas Sarkozy, les actionnaires du groupe ont choisi une personnalité plus consensuelle: l'ancien Pdg de Renault Louis Schweitzer, 65 ans. Longiligne, d'humeur égale, c'est un homme de dossiers qui a finalement su s'imposer tant en politique - il a travaillé auprès de l'ex-Premier ministre Laurent Fabius - que dans le monde des affaires. M. Schweitzer, qui n'était pas présent au conseil de surveillance, n'a pu être joint pour une réaction. (belga)


