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Poutine participera au sommet de l'OTAN à Bucarest

Le président russe Vladimir Poutine a "accepté l'invitation" à participer au sommet de l'OTAN à Bucarest du 2 au 4 avril prochains, a annoncé mardi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, cité par les agences russes depuis Genève.

"Un sommet du Conseil Russie-OTAN est prévu début avril (en marge du sommet de l'Alliance atlantique). Le président Vladimir Poutine a accepté l'invitation à y participer", a déclaré M. Lavrov lors d'une intervention à Genève sur les perspectives de la coopération russo-européenne. Ce sera aussi la première participation à un Conseil OTAN-Russie de M. Poutine depuis qu'il avait coprésidé à la création de ce forum le 28 mai 2002 à Pratica di Mare (sur la côte italienne, au sud de Rome).

Début avril, M. Poutine effectuera ses derniers jours à la tête de la Russie. L'élection présidentielle qui doit désigner son successeur - selon toute probabilité Dmitri Medvedev, candidat du Kremlin - est prévue le 2 mars. La passation de pouvoirs aura lieu début mai.
Selon M. Lavrov, la visite de M. Poutine à Bucarest témoigne de la volonté russe de poursuivre le dialogue avec l'Alliance, malgré les divergences de vues.

La participation du président russe à ce sommet interviendra à un moment de forte tension entre Moscou et l'Occident, avec notamment la suspension en décembre de la participation russe au traité sur la réduction des forces conventionnelles en Europe (CFE), un des accords qui avaient mis fin à la confrontation Est-Ouest. Autre sujet de discorde, le projet des Etats-Unis d'installer des éléments de leur bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque pour protéger le territoire américain de l'arsenal balistique de l'Iran.

La Russie, qui affirme que l'Iran est encore loin d'avoir une telle capacité de frappe intercontinentale, y voit une menace stratégique pour elle-même, en dépit des dénégations de Washington.
Parmi les sujets qui fâchent, il y a aussi le statut du Kosovo, la province serbe à majorité albanaise, dont la Serbie, soutenue par la Russie, refuse l'indépendance, vue assez favorablement en Occident.

Le président russe a adopté ces derniers mois un ton de plus en plus virulent à l'égard des Occidentaux. Il a également ordonné la reprise des patrouilles de bombardiers russes dans l'Atlantique nord, une pratique abandonnée depuis la fin de la Guerre froide, et menacé de cibler de nouveau l'Europe avec des missiles à courte ou moyenne portée. L'OTAN a indiqué n'avoir pas encore été informée de la venue de M. Poutine au sommet de Bucarest par les canaux diplomatiques.
Le président russe avait été invité fin janvier par une lettre du secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, en tant que président du Conseil OTAN-Russie (qui réunit les 26 alliés et Moscou).

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