Les forces internationales ont renforcé mardi leurs patrouilles au Timor oriental, placé sous état d'urgence au lendemain d'un double attentat visant le sommet de l'Etat.
La justice timoraise a annoncé mercredi qu'elle allait émettre des mandats d'arrêt contre 18 suspects deux jours après la double attentat contre le chef de l'Etat et son Premier ministre. "Cette liste préliminaire contient 18 noms et elle pourrait encore s'allonger en fonctions des progrès de l'enquête", a déclaré à des journalistes le procureur-général Longuinhos Monteiro. "Les mandats d'arrêts seront délivrés plus tard dans la journée de mercredi", a-t-il ajouté.
Le président José Ramos-Horta, 24 heures après avoir été grièvement blessé par balles à la poitrine dans une attaque menée par des soldats mutins à son domicile, se trouvait dans un état stable mais toujours grave dans un hôpital de Darwin (Australie). Le chef de l'Etat âgé de 58 ans a subi deux opérations chirurgicales, une dans la capitale timoraise Dili et une après son transfert sanitaire aérien depuis le petit pays situé dans l'est de l'archipel indonésien.
La deuxième intervention dans la nuit de lundi à mardi "s'est bien déroulée", a indiqué Len Notaras, médecin en chef du Royal Darwin Hospital. Toutefois, a-t-il averti, le président Ramos-Horta placé en coma artificiel lors de la seconde opération pratiquée par trois chirurgiens, "reste dans un état extrêmement grave". Le prix Nobel de la paix 1996 a été touché par deux ou trois balles et a eu l'un de ses poumons atteint, selon les médecins. Les premières informations faisant état de blessures à l'abdomen sont inexactes, a précisé le Dr. Notaras.
Les assaillants du président l'ont touché à la poitrine et à l'omoplate alors que les lésions abdominales proviennent d'actes chirurgicaux, a-t-il dit. Les chirurgiens sont parvenus à extraire des fragments de l'une des balles mais les éclats d'un second projectile doivent être retirés au cours d'une nouvelle opération. José Ramos-Horta, un diplomate polyglotte élu en mai 2007 à la tête du petit pays aux institutions fragiles, a été victime d'une attaque commise par des soldats rebelles menés par le commandant Alfredo Reinado, tué dans les échanges de tirs.
Une heure plus tard le Premier ministre Xanana Gusmao réchappait à une embuscade dans ce qui a été présenté comme des attentats coordonnés, même s'il restait mardi à en préciser les circonstances exactes. L'enquête policière sur les attaques a commencé avec un examen minutieux et des photographies du théâtre des faits, a indiqué à Dili Finn Reske-Nielsen, haut-responsable de l'ONU au Timor oriental. "Déjà onze personnes ont été interrogées à propos des tirs contre le président", a-t-il déclaré.
La situation a été calme mardi dans la petite capitale où les marchés et les banques ont fonctionné normalement, selon un correspondant de l'AFP sur place. La circulation automobile était toutefois moins dense dans la ville où la présence des forces de sécurité a été nettement renforcée. Le président par intérim Vicente Guterres a signé un décret instituant l'état d'urgence sur tout le territoire à partir de lundi 22H00 locales (13H00 GMT). Cette mesure interdit notamment les rassemblements publics.
Un couvre-feu nocturne est aussi entré en vigueur de 20H00 à 06H00 (11H00 à 21H00 GMT). Environ 340 policiers et militaires australiens sont arrivés mardi en renfort au Timor oriental. Depuis une vague de profonde déstabilisation en avril-juin 2006, des policiers et des soldats étrangers (principalement australiens), en partie sous mandat de l'ONU, assurent la sécurité du pays indépendant depuis 2002.


