Le maire de Rome démissionne pour mener la gauche aux élections

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Par: rédaction
13/02/08 - 20h29

Walter Veltroni a démissionné mercredi de son poste de maire de Rome pour mener le centre gauche à la bataille électorale qui l'opposera les 13 et 14 avril au chef de file de la droite, l'ex-chef de gouvernement, Silvio Berlusconi.

Le maire qui dirigeait la "ville éternelle" depuis sept ans, a annoncé sa démission à la soixantaine d'élus du conseil municipal, a indiqué le service de presse de la mairie à l'AFP. Selon la loi italienne, un maire d'une commune de plus de 20.000 habitants ne peut se présenter à une élection pour un mandat de député ou de sénateur. "Rome, c'est toute ma vie", a déclaré avec émotion Walter Veltroni (52 ans), souhaitant que la capitale "se développe toujours plus, unie et tournée vers l'avenir".

Elu maire de Rome (2,8 millions d'habitants environ) en 2001 avec 53% des voix, il avait été réélu en mai 2006 pour un nouveau mandat de cinq ans avec plus de 61% des suffrages, un score jamais atteint dans l'histoire de la ville. Etoile montante de la gauche cet ancien journaliste féru de cinéma et professionnel de la politique est devenu en octobre dernier le chef du nouveau Parti démocrate (PD), fusion des Démocrates de gauche (ex-communistes) et des catholiques de gauche de la Marguerite. Rompant avec une longue tradition de coalitions dont les Italiens sont las après les vingt mois chaotiques du gouvernement de Romano Prodi, le PD se présentera "seul" aux législatives et a refusé une alliance avec la gauche radicale (communistes et Verts).

Walter Veltroni a toutefois accepté de conclure mercredi un accord avec le petit parti Idv (Italie des valeurs, 2,3% des voix en 2006) d'Antonio Di Pietro, ministre et ex-juge anti-corruption de l'opération "Mains propres" menée contre les élus dans les années 1990. "Nous avons conclu un accord qui n'est pas seulement électoral mais également politique", a souligné M. Di Pietro, évoquant notamment l'interdiction pour les candidats condamnés par la justice de se présenter. Selon un sondage diffusé mercredi par la chaîne de télévision Sky TG 24, l'écart entre le PD et le nouveau parti dirigé par Silvio Berlusconi, "Peuple de la liberté" (PDL), s'est réduit à 11,5 points contre les 16 points d'une enquête du 31 janvier.

Selon ce sondage de l'Institut Consortium, le PDL obtiendrait 40,5% des voix, contre 29% au PD. Au total, la droite obtiendrait 53,5% des voix et la gauche 44%. Imitant le maire de Rome, M. Berlusconi a imposé le 8 février à ses alliés une liste et un logo uniques, ceux du PDL. Alliance nationale (conservateur) et la Ligue du Nord (populiste) ont accepté l'ultimatum du "cavaliere" mais pas les centristes de l'UDC. Le conseil des ministres doit arrêter jeudi la date de municipales partielles qui doivent se dérouler dans plusieurs grandes villes, dont Rome, probablement aux mêmes dates que les législatives.

A gauche, c'est Francesco Rutelli (53 ans), actuel ministre de la Culture et prédécesseur de Veltroni à la mairie de Rome, qui se présenterait à nouveau. Il doit annoncer sa décision aux alentours du 17 février. A droite, le candidat cité un temps par la presse, le commissaire européen chargé de la Justice et de l'immigration, Franco Frattini, a annoncé qu'il n'était pas intéressé. Selon le Corriere della Sera, Alliance nationale fait actuellement réaliser une étude sur la popularité de candidats potentiels, dont le centriste de droite Pier Ferdinando Casini et Michele Baldi, chef des conseillers municipaux de Forza Italia, le parti fondé par Silvio Berlusconi. (afp)

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