Belgrade annule à l'avance l'indépendance du Kosovo

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Par: rédaction
14/02/08 - 12h04

Le gouvernement serbe se réunissait jeudi pour "annuler" à l'avance l'imminente proclamation par des "terroristes" de l'indépendance du Kosovo, dont devait traiter le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni à la demande de Belgrade et Moscou.

"La décision du gouvernement d'annuler l'indépendance unilatérale du Kosovo a une signification historique", a déclaré le Premier ministre, le nationaliste Vojislav Kostunica, avant la réunion du gouvernement.

"C'est, une fois pour toutes, la décision de la Serbie de rejeter un Etat fictif sur son territoire", a-t-il ajouté, en qualifiant les leaders albanais du Kosovo de "terroristes reconnus". La réunion du gouvernement intervient alors que la Serbie et son allié traditionnel, la Russie, ont obtenu une réunion jeudi du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Kosovo.

Sans illusion
Mais Moscou semblait sans illusion sur cette tentative de dernière minute d'empêcher ou tout au moins retarder la proclamation de l'indépendance de la province du sud de la Serbie, majoritairement albanaise, attendue dimanche ou lundi. "Nous ne sommes pas très optimistes sur l'issue de la réunion du Conseil de sécurité", a admis le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Plan d'action
"Nous travaillons constamment sur les mesures que nous allons prendre" après la proclamation d'indépendance, a déclaré M. Kostunica, en référence au "plan d'action" récemment adopté au Parlement serbe et dont les détails sont restés secrets. Alors que l'option militaire a été catégoriquement écartée, la Serbie ne devrait pas non plus utiliser l'arme du blocus économique, a indiqué sous couvert d'anonymat une source proche du gouvernement.

Blocus
Facilement contournable par les autorités kosovares, un blocus sur le passage des produits alimentaires ou de l'énergie électrique risquerait de frapper les quelque 60.000 Serbes disséminés au Kosovo dans diverses enclaves, a expliqué cette source. Mais la Serbie devrait procéder à une révision de ses relations diplomatiques avec les pays qui reconnaîtront l'indépendance du Kosovo, et une rupture avec les Etats-Unis, considérés comme le promoteur de l'indépendance du Kosovo, n'est pas écartée, selon la même source.

Condoleezza Rice
Comme pour tenter d'apaiser à l'avance la colère serbe, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a tendu la main à la Serbie en reconnaissant que le pays allait connaître une "période extraordinairement difficile" pour les Serbes. Les Etats-Unis feront tout pour "être de bons partenaires" de la Serbie et "nous espérons qu'ils parieront sur cet avenir, pas sur le passé", a-t-elle déclaré.

Belgrade a tenté de rassurer les Serbes restés dans la province après le conflit de 1998-1999 et les bombardements de l'OTAN, qui ont contraint les forces de Slobodan Milosevic à quitter le Kosovo, où elles combattaient la guérilla séparatiste albanaise en commettant des exactions.

"Notre peuple au Kosovo doit y rester et vivre chez lui, dans sa province et dans sa Serbie", a dit M. Kostunica Les Serbes du Kosovo vont très probablement rejeter la proclamation d'indépendance, et la partie nord de la province, ou quelque 50.000 Serbes sont majoritaires, devrait faire sécession ou demander son rattachement à la Serbie.

De nouvelles violences entre Serbes et Albanais après la proclamation d'indépendance ne sont toutefois pas entièrement écartées. "Selon nos informations, il y a de petits groupes (du côté albanais) composés principalement de criminels, et nous redoutons qu'ils puissent provoquer des problèmes", a dit le ministre serbe de la Défense, Dragan Sutanovac. (afp)

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