Un Algérien soupçonné, avant d'être innocenté, d'avoir donné des cours de pilotage à quatre des auteurs des attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis, a obtenu jeudi en appel le droit de demander compensation.
Trois juges de la Cour d'appel ont estimé que Lotfi Raissi, 33 ans, devait pouvoir demander compensation auprès du ministère britannique de l'Intérieur.
"J'ai pleuré de joie lorsque j'ai entendu le jugement. J'ai toujours dit que j'avais foi en la justice britannique et j'ai finalement obtenu (justice) aujourd'hui", a déclaré le pilote de ligne devant le tribunal. "Je peux m'attendre à coup sûr à avoir bientôt des nouvelles du ministre de l'Intérieur avec les excuses si longtemps attendues", a-t-il ajouté.
En février 2007, deux juges de la Haute cour de Chiswick (ouest de Londres) avaient considéré qu'il était inéligible à compensation car il avait été arrêté en vertu d'une demande d'extradition émanant des Etats-Unis et que par conséquent il ne relevait pas du plan britannique d'indemnisation des personnes victimes d'erreurs judiciaires.
M. Raissi avait été arrêté le 21 septembre 2001 à l'aube par Scotland Yard qui avait enfoncé la porte de son appartement à Colnbrook (Berkshire, ouest de Londres) et l'avait interpellé sans ménagement en lui pointant un revolver sur la tête.
Emmené nu dans la voiture des policiers, Lotfi Raissi n'avait été libéré que cinq mois plus tard, les magistrats saisis ayant rejeté l'ensemble des éléments retenus contre lui. (belga)


