L'armée française a "acheminé des munitions destinées aux forces tchadiennes" pendant l'offensive rebelle contre le président Idriss Déby, a déclaré jeudi le porte-parole du ministère de la Défense, reconnaissant que certaines d'entre elles venaient de Libye.
"Les moyens français ont participé à l'acheminement de munitions destinées aux forces tchadiennes", a déclaré Laurent Teisseire, lors du point de presse du ministère. "Paris a fait jouer son accord de coopération logistique pour aider le Tchad à recevoir des munitions qui venaient d'autres pays que la France"", a-t-il ajouté.
Interrogé sur la provenance de ces munitions, il a déclaré qu'il s'agissait de pays qui étaient "dotés de matériels de même nature que ceux de l'armée tchadienne", citant la Libye. Interrogé sur le type de munitions, il s'est refusé à préciser leur nature et les quantités livrées à l'Armée nationale tchadienne, qui, début février, est parvenue à résister dans N'Djaména à une offensive de rebelles tchadiens venus du Soudan.
M. Teisseire a par ailleurs indiqué que des avions libyens auraient pu également livrer des munitions aux forces régulières tchadiennes, relevant que plusieurs appareils libyens s'étaient posés sur l'aéroport de N'Djamena pendant cette crise, pour procéder à l'évacuation de ressortissants libyens. Il a rappelé que le Tchad "avait fait appel à la Libye pour lui fournir des munitions pour ses matériels d'origine soviétique".
Le Tchad possède notamment des chars T-55 de fabrication soviétique qui se sont révélés décisifs dans la bataille de N'Djamena, ainsi que des mitrailleuses lourdes de calibre 14,5, également de fabrication soviétique. Le ministre de la Défense Hervé Morin a affirmé jeudi que l'armée française n'avait "pas participé directement aux combats" au Tchad et n'a jamais eu recours à "une action offensive" contre la rébellion pour la protection de l'aéroport de N'Djamena.
"La France a tenu ses engagements qui sont un accord de coopération technique militaire, où on fait du soutien, de la logistique, de la santé. Nous n'avons pas participé militairement, directement, aux combats, sinon pour assurer notre propre défense ou la sécurité des ressortissants que nous avons évacués", a déclaré M. Morin à France 24. (afp)


