Menacée de mort, Ayaan Hirsi Ali demande la protection de l'UE
Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort par les intégristes pour ses propos contre l'islam, a demandé jeudi la protection de l'Union européenne.
La Néerlandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort par les intégristes pour ses propos contre l'islam, a formellement demandé jeudi à Bruxelles devant un groupe d'eurodéputés la protection de l'Union européenne.
"Je viens vous demander de soutenir la création d'un fonds européen pour protéger les personnes dont le seul crime est d'avoir usé de la liberté de parole", a indiqué jeudi Mme Hirsi Ali, invitée par le groupe socialiste du Parlement européen pour un débat. S'appuyant sur plusieurs articles de la Charte européenne des droits fondamentaux adoptée début janvier, plusieurs députés européens demandent la création d'un nouvel instrument communautaire pour financer la protection des personnes menacées pour leurs opinions.
L'idée bénéficie également du soutien du président français Nicolas Sarkozy, lequel a indiqué vouloir proposer sa création lors de la prochaine présidence française de l'Union, au second semestre 2008. Ayaan Hirsi Ali est menacée de mort depuis l'assassinat en 2004 du réalisateur Théo Van Gogh avec qui elle avait réalisé un film sur les femmes et l'islam, et vit depuis plusieurs années sous protection policière.
Le gouvernement néerlandais a cessé en octobre de financer sa protection hors de son territoire. Mme Hirsi Ali vit depuis 2006 aux Etats-Unis, où elle s'est volontairement exilée après une polémique sur des mensonges qu'elle a avoué avoir proférés sur son nom et son âge, pour obtenir le statut de réfugié politique aux Pays-Bas. Les Etats-Unis refusent de leur côté de financer sa protection, les faits qui valent à Mme Hirsi Ali d'être menacée s'étant déroulés hors des Etats-Unis.
Mme Hirsi Ali était le week-end dernier à Paris pour y solliciter la nationalité française après les déclarations de campagne électorale de Nicolas Sarkozy qui avait offert "à chaque femme martyrisée dans le monde la protection en lui donnant la possibilité de devenir française". Mme Hirsi Ali pourrait ne pas être la seule à profiter d'un éventuel fonds communautaire de protection. Le nom de l'écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, elle aussi menacée par des fondamentalistes musulmans pour ses écrits, est également évoqué.
(belga/7sur7)