Les présidentiables américains John McCain et Barack Obama semblent anticiper sur leur possible investiture par les partis républicain et démocrate en multipliant les coups de griffe, préfigurant ce qui pourrait être leur duel pour la présidentielle du 4 novembre.
Les partis démocrate et républicain semblent déjà s'être choisi leurs adversaires pour novembre: "si vous ne pensez pas que John McCain serait aussi dangereux à la Maison Blanche que George W. Bush, réfléchissez-y à deux fois", avertissait par exemple jeudi un appel à contributions du parti démocrate. "Obama n'a pas l'expérience qu'il faut pour être le commandant en chef de notre pays", entonne pour sa part le président du parti républicain Mike Duncan. Dans leurs discours de campagne, les candidats font de plus en plus comme si leur adversaire de novembre était déjà désigné.
"Encourager un pays avec juste de la rhétorique plutôt que des idées solides et éprouvées, qui placent la confiance dans la force et le courage d'un peuple libre, ce n'est pas une promesse d'espoir - c'est une platitude", avait lâché John McCain dans son discours de victoire après les primaires de Washington et de sa région. Il a par la suite précisé qu'il s'agissait bien d'une attaque contre Barack Obama. "Evidemment je n'ai pas suivi tous ses discours, mais ils manquent singulièrement de détails, et quand la campagne avancera nous dégagerons des différences très marquées (entre nous)", a déclaré M. McCain mercredi.
Quant à Barack Obama, qui dispose désormais d'une légère avance dans le nombre de délégués chargés officiellement de désigner le candidat démocrate en août (1.276 contre 1.233 à Hillary Clinton, selon le site indépendant RealClearPolitics), il critique désormais les "républicains à la Bush-McCain". "George Bush ne sera pas sur le bulletin de vote en novembre (..), mais sa politique économique le sera", ajoute-t-il pour bonne mesure. Jeudi, les routes de la campagne électorale ont conduit John McCain dans le Vermont et le Rhode Island, deux petits Etats du nord-est qui organisent leurs primaires en vue de la présidentielle le 4 mars, tandis que Barack Obama s'accordait une journée sans activité publique chez lui à Chicago (Illinois, nord).
Les ouvriers de General Motors, sous le coup de l'annonce de pertes colossales lundi, engrangeaient pour leur part leur deuxième visite de présidentiable en deux jours. Après Barack Obama mercredi dans le Wisconsin (nord), Hillary Clinton leur a rendu visite jeudi dans l'Ohio (nord), où elle doit tout faire pour préserver la large avance dont la crédite un sondage publié jeudi: selon l'Université Quinnipiac, elle est créditée de 55% des intentions de vote contre seulement 34% pour Barack Obama dans cet Etat. "Voilà la différence entre mon adversaire démocrate et moi: mon adversaire prononce des discours, j'offre des solutions", a lancé Mme Clinton, en rappelant son programme économique, et notamment sa promesse de protéger les consommateurs contre les abus des sociétés de crédit, un sujet particulièrement sensible en pleine crise des saisies immobilières.
"L'Ohio a une démographie qui correspond le mieux possible à Mme Clinton", a souligné un directeur de l'institut de sondage Quinnipiac, Peter Brown. "C'est l'Amérique des cols-bleus, avec un taux de démocrates diplômés ou noirs plus réduit que dans d'autres Etats où Obama l'a emporté. Si Clinton ne gagne pas la primaire là, on voit très difficilement comment elle peut stopper Obama". Barack Obama a cependant un atout dans l'Ohio, le soutien des présidents de trois syndicats influents, qui ont dénoncé jeudi le soutien de Mme Clinton aux accords de libre-échange, et notamment l'Alena entré en vigueur depuis 1994 avec le Canada et le Mexique.
(afp)
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