Une fillette d'origine rom âgée de six ans s'est fiancée jeudi soir à Ramnicelu (est de la Roumanie) avec un adolescent de 17 ans, lors d'une cérémonie surveillée de près par la police, a-t-on appris vendredi auprès de la mairie.
"Une fête a été organisée au foyer culturel, ensuite les deux mineurs sont rentrés chacun chez eux", a déclaré le maire adjoint du village, Ion Alecu.
Pas de rapports sexuels
Selon lui, les parents des deux enfants se sont engagés par écrit devant la police et un assistant social à veiller à ce que les deux mineurs ne vivent pas ensemble et n'aient pas de rapports sexuels jusqu'à ce que la fillette, Marghioala, fête son 15e anniversaire. "Nous allons continuer à les surveiller de près", a-t-il ajouté.
Auparavant, des assistants sociaux de la direction locale pour la protection de l'enfance (DGASPC) s'étaient rendus sur place pour tenter de convaincre les deux familles de renoncer à leur projet de fiancer les enfants, mais en vain.
"Nos moyens d'intervention dans des cas comme celui-ci sont limités", en raison notamment de la réticence de la communauté rom du village, forte d'environ 1.200 familles, à renoncer à cette tradition, a expliqué le porte-parole de la DGASPC, Carolica Dinu.
Selon lui, les mariages entre mineurs sont fréquents à Ramnicelu, de même que les cas d'adolescentes mettant au monde des enfants. "Une douzaine de fillettes devenues mères à l'âge de 11, 12 ou 13 ans font actuellement l'objet d'une surveillance de la part de nos assistants sociaux", a-t-il précisé.
Cas spécial
"La communauté rom de Ramnicelu représente un cas spécial, c'est une communauté fermée, qui jouit d'une certaine prospérité et dont les membres se marient uniquement entre eux", selon M. Dinu. Les efforts de la DGASPC d'éradiquer cette tradition se heurtent à l'opposition des villageois, mais aussi à une certaine impuissance de la justice.
Poursuites judiciaires
"Rien qu'en 2007, des poursuites judiciaires ont été lancées contre une trentaine de jeunes de Ramnicelu pour abus sexuels sur des mineurs et contre leurs parents, pour instigation de ces événements. Aucune de ces affaires n'a abouti à des peines de prison ferme, mais uniquement à des amendes ou des peines de prison avec sursis", a regretté M. Dinu.
Début 2007, plusieurs fillettes mères avaient été placées dans des institutions, suite aux démarches de la DGASPC, mais un tribunal local avait révoqué cette mesure, arguant de leur "intérêt supérieur", et les jeunes filles avaient réintégré leurs familles.
Parmi d'autres arguments pris en compte, le tribunal avait constaté que "les conditions de vie dans les institutions étaient moins bonnes que celles offertes par les familles", a expliqué le maire adjoint du village. (belga)
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