L'espoir pour la réunification renaît à Chypre

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Par: rédaction
18/02/08 - 14h12

La défaite du présidant sortant Tassos Papadopoulos au premier tour de la présidentielle à Chypre a fait renaître l'espoir d'une relance des efforts en vue de la réunification de l'île dont sont partisans les deux finalistes qui s'affronteront le 24 février.

M. Papadopoulos, qui a mené une campagne acharnée pour le rejet par les Chypriotes-grecs en 2004 d'un plan de l'ONU visant à réunifier l'île, est arrivé troisième derrière le député européen et ex-ministre des Affaires étrangères Ioannis Kasoulides et le chef communiste Demetris Christofias. "Chypre dit "NON" à Tassos", titre le journal anglophone Cyprus Mail, en référence au rejet par le président sortant du plan de l'ONU.

"Venez qu'on sauve Chypre", écrit le journal de droite Tharros au dessus d'une photo de M. Kasoulides alors que son confrère Simerini a parlé de "jour historique" ouvrant une nouvelle ère dans l'île divisée depuis l'occupation de sa partie nord par la Turquie en 1974. Pour le journal Alithia, l'"hellénisme chypriote a fait son choix: l'unité". Selon les chiffres officiels, M. Kasoulides, 59 ans, est arrivé en tête du premier tour avec 33,51% des voix. Mais il n'a devancé M. Christofias, 61 ans, le président du Parlement, que de 980 voix.

Les deux finalistes se veulent les champions de "l'ouverture" vers la communauté chypriote-turque, alors que les pourparlers intercommunautaires n'ont pas progressé depuis 2004. "Le temps est venu de dépasser tout ce qui a divisé le peuple sur la "question chypriote" ces dernières années", a réagi après sa victoire M. Kasoulides. "Le temps est compté" face à "l'impasse" dans le dialogue intercommunautaire, a estimé M. Christofias, premier dirigeant du parti communiste chypriote candidat à une présidentielle. Le président sortant a concédé sa défaite tout en se disant "fier" de son bilan depuis 2003, notamment du "non" au référendum sur la réunification de l'île.

En revanche, les Chypriotes-turcs avaient voté pour le plan de réunification. Et l'île est entrée divisée à l'Union européenne en 2004. A demi-mot, la réélection de M. Papadopoulos n'était pas souhaitée par la Turquie, son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan affirmant qu'il était "très réticent à s'engager" en vue d'une relance des pourparlers. La République de Chypre, dans le sud, est la seule reconnue par la communauté internationale. La "République turque de Chypre Nord" est elle reconnue uniquement par la Turquie.

"Il est clair que 70% de l'électorat peut être décrit comme favorable à une solution parce que les deux finalistes ont affirmé vouloir s'engager activement (dans des pourparlers) avec Mehmet Ali Talat", le dirigeant chypriote-turc, a affirmé un diplomate européen sous le couvert de l'anonymat. "Les deux finalistes ont envoyé des signaux clairs qu'ils déploieront des efforts envers la communauté chypriote turque après leur élection", a-t-il dit. Pour l'analyste Sofronis Sofroniou, "il y aura un plus grand effort pour une solution.

Le peuple voulait un changement et il a réalisé que M. Papadopoulos ne faisait pas suffisamment d'efforts" sur ce dossier. Lundi, les tractations pour rallier les partisans du président sortant ont été lancées par les deux finalistes qui ont appelé chacun le parti socialiste EDEK, le parti de centre-droit DIKO de M. Papadopoulos et les verts à les soutenir. Pour être élu au second tour, le candidat doit obtenir 50% des voix plus une.

Il sera investi le 28 février et son mandat est de cinq ans. "Il y aura des alliances et des marchandages entre les partis", a affirmé Pambos Papageorgiou, chercheur à l'Université européenne de Chypre. Quelque 516.000 Chypriotes avaient pour obligation de se rendre aux urnes pour cette élection, la première depuis l'entrée de Chypre dans l'UE. Le taux de participation a atteint 90%. (afp)

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