MISE À JOUR
L'opposition est en tête selon les premiers résultats des élections législatives et provinciales de lundi au Pakistan, a admis le camp du président Pervez Musharraf, dans un pays en proie à une profonde crise politique et à une vague meurtrière d' attentats islamistes.
"Les premiers résultats montrent que le parti de (l'ancien Premier ministre) Nawaz Sharif a fortement progressé", a déclaré à l'AFP Tariq Azeem, le porte-parole de la Ligue Musulmane du Pakistan-Qaid-e-Azam (PML-Q), principal soutien du chef de l'Etat. "Si les résultats sont confirmés, nous jouerons notre rôle d'opposants de manière aussi efficace que possible", a ajouté ce très proche de M. Musharraf, qui a pris le pouvoir il y a plus de huit ans par un coup d'Etat militaire.
Plusieurs autres hauts responsables de la PML-Q ont indiqué, sous couvert de l'anonymat, que la PML-N (N pour Nawaz) de M. Sharif, ainsi que le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de la défunte Benazir Bhutto, tuée le 27 décembre dans un attentat suicide, étaient nettement en tête dans les résultats encore partiels mais suffisamment significatifs des élections . "Nous félicitons Nawaz Sharif pour l'excellente performance de son parti et nous félicitons également Asif Ali Zardari", le veuf de Mme Bhutto et dirigeant de fait du PPP, a ajouté M. Azeem.
"Nous sommes sous le choc au vu de ces résultats mais, malheureusement, nous perdons et le facteur Nawaz Sharif a joué un grand rôle dans notre défaite", a ajouté un haut responsable de la PML-Q. M. Sharif, deux fois Premier ministre, de 1990 à 1993 et de 1996 à 1999, a été évincé du pouvoir par le putsch du général Musharraf le 12 octobre 1999. Il est rentré de sept années d'exil en novembre dernier. "Quels que soient ceux qui gagneront les élections, je travaillerai avec eux de manière totalement harmonieuse", avait assuré M. Musharraf en votant lundi.
Ce dernier joue son avenir politique à la tête de l'unique puissance nucléaire du monde musulman: si l'opposition s'unissait et s'emparait des deux tiers des sièges de l'Assemblée nationale, il pourrait même être destitué. Dans les autres scénarios, il peut soit s'allier au PPP qui ne l'a pas exclu, soit rester président mais avec des pouvoirs considérablement amoindris sous une coalition entre le PPP et la PML-N. Soit encore former une alliance avec les partis islamistes, les indépendants et les nationalistes, si cela lui permet d'avoir une majorité de circonstance. MM. Zardari et Sharif n'ont cessé de dénoncer, depuis des semaines, "des élections truquées" et promis, le cas échéant, des manifestations. (afp)


