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Sarkozy ne veut plus de "pain et de jeux" sur les télés publiques

Le président Nicolas Sarkozy a déclaré mardi vouloir que les chaînes de télévision publiques en France diffusent des programmes de qualité sans "tyrannie" de l'audience. Passera-t-il encore sur les antennes publiques?
Le président Nicolas Sarkozy a déclaré mardi vouloir que les chaînes de télévision publiques en France diffusent des programmes de qualité sans "tyrannie" de l'audience, et non plus "du pain et des jeux", pour justifier son projet contesté d'y supprimer la publicité.

Pertes compensées
Le chef de l'Etat, qui a installé une commission chargée de trouver de nouveaux financements, a tenté de rassurer l'audiovisuel public: les pertes liées à la fin de la publicité seront intégralement compensées, et aucune chaîne ne sera privatisée, a-t-il assuré. Le projet surprise de réforme du chef de l'Etat, annoncé début janvier, a entraîné le 13 février une grève massive, sans précédent depuis 30 ans, au sein des radios et télévisions publiques (Radio France et France Télévisions, qui regroupe France 2, France 3, France 4, France 5 et RFO). Des milliers de salariés avaient manifesté à Paris pour la "pérennité" du service public de l'audiovisuel.

Réinventer une télé
Nicolas Sarkozy a insisté mardi sur son intention de "réinventer" une télévision publique qui ne se résume pas à "du pain et des jeux", reprenant la formule remontant à la Rome Antique, quand il s'agissait de fournir en priorité de la nourriture et des combats de gladiateurs au peuple pour l'empêcher de se révolter. Le président français a ajouté qu'il ne voulait pas d'une télévision publique prisonnière de "la tyrannie de l'audience à tout prix au quotidien". "Le service public doit marquer davantage sa différence et s'efforcer de tirer vers le haut un paysage audiovisuel que la gravité naturelle entraîne vers le bas", a jugé le chef de l'Etat.

Des opposants au projet de M. Sarkozy avaient jugé que sa décision était un "cadeau" aux chaînes privées, en particulier la plus puissante et la plus regardée, TF1, qui récupéreraient les budgets publicitaires. L'opposition dénonce depuis des mois les liens entre le chef de l'Etat et des patrons de presse et industriels. M. Sarkozy a plaidé mardi pour une télévision publique "dangereuse et audacieuse" qui "doit prendre des risques". Pour tenter d'apaiser les craintes des syndicats, il a promis que "chaque euro de recette publicitaire" supprimé dans le service public audiovisuel (également financé par une redevance en France) serait "compensé par un euro de ressource publique".

Pas de privatisation
Pour France Télévisions (11.000 salariés), il faudra trouver 1,2 milliard d'euros pour compenser la perte de la publicité (40% de ses recettes) et financer le temps d'antenne à combler. M. Sarkozy a proposé comme pistes de financement une contribution des chaînes privées bénéficiant du report de la publicité et une "contribution des opérateurs de télécommunication". M. Sarkozy a proposé deux options, la première étant de supprimer toute publicité dès le 1er janvier 2009. La seconde consisterait en une suppression progressive, en commençant par les programmes du soir. M. Sarkozy a réaffirmé qu'"aucune chaîne du service public de la télévision" ne serait privatisée.

Un porte-parole des syndicats de France Télévisions a estimé mardi que certaines des annonces allaient "dans le bon sens", tout en émettant des réserves sur la question du financement.

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