Cuba est entré dans une ère nouvelle avec l'annonce mardi par Fidel Castro de son retrait de la direction de l'Etat communiste après un demi-siècle de pouvoir sans partage, même si la période ouverte devrait être celle des "petits pas" promis par son frère Raul.
Encore sous le choc, les Cubains, qui n'ont connu d'autre président pour 70% d'entre eux, semblaient partagés entre l'espoir de changements longtemps attendus et l'incrédulité à l'égard du retrait de son vivant du "Commandant en chef". De nombreux pays occidentaux ont souhaité une démocratisation de Cuba, d'autres comme la Chine saluant le parcours "révolutionnaire" de Castro ou sa "sortie digne".
Pour le président américain George W. Bush, son retrait doit signifier "le début de la transition démocratique", et le "premier pas" devrait être la libération des prisonniers politiques. Pour tous les Cubains, dimanche donnera le signal d'un nouveau départ pour l'île communiste, avec la désignation du successeur du "lider maximo" par la nouvelle Assemblée. Grand favori, Raul Castro, 76 ans, a modifié au fil de ses 18 mois d'interim son image de militaire endurci au profit de celle d'un réformateur prudent et pragmatique, qui invite en outre les Cubains à s'exprimer "avec courage".
Il a donné son aval à la libération le week-end dernier de quatre dissidents lourdement condamnés en 2003 qui ont été expulsés vers l'Espagne avec leur famille. Il reste environ 240 détenus politiques dans les prisons cubaines. S'il est élu dimanche, son premier acte en politique étrangère sera de recevoir, en principe lundi, le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, qui entame mercredi une visite officielle de six jours à Cuba.
A ses côtés, Carlos Lage, un médecin de 56 ans qui fait figure de "Premier ministre" depuis l'interim, est le plus en vue de la génération montante. L'un des cinq vice-présidents, il est parfois donné comme un possible successeur de Fidel Castro lui-même, dans l'hypothèse où un rajeunissement drastique de la direction du pays aurait l'aval des frères Castro. Le rôle futur de Fidel Castro continue de susciter des interrogations. Retiré dans sa suite d'un hôpital de La Havane, le vieux chef révolutionnaire, qui reste à la tête du Parti communiste, parti unique, ne fait pas mystère de sa volonté de lire, écrire et "méditer", en "soldat des idées", a-t-il écrit dans son message de départ.
Les deux frères Castro ont toujours entretenu d'étroites relations, le cadet protégeant son aîné à la tête de l'armée. Mais Fidel, plus soucieux de "pureté révolutionnaire" que Raul et traditionnellement hostile à toute libéralisation économique, sera-t-il toujours consulté ? s'est interrogé un diplomate occidental. (belga)
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