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Les immigrés plus qualifiés que les natifs dans les pays de l'OCDE

Dans la zone de l'OCDE, la part des personnes détenant un diplôme de l'enseignement supérieur est plus élevée pour les individus nés à l'étranger (23,6%) que pour ceux nés dans leur pays de résidence (19,1%), souligne un rapport de l'organisation publié mercredi.

Dans un portrait des populations immigrées résidant dans la zone, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) indique, qu'en dépit de différences marquées entre les pays, ce résultat est vérifié pour la majorité des pays de l'OCDE. Pour les pays qui sélectionnent leur immigration, comme l'Australie et le Canada, le taux d'immigrants détenant un diplôme du supérieur est respectivement de 25,8% et de 38% contre 20 et 31,5% pour ceux nés dans le pays.

Même tendance, même si elle est nettement moins marquée, en France, où les taux s'établissent respectivement à 18,1% et 16,9%. Le rapport souligne aussi que le pourcentage d'individus pas ou peu qualifiés est plus élevé chez les immigrés que chez les natifs. Par ailleurs, parmi les immigrés de 15 ans et plus vivant dans les pays de l'OCDE, plus de quatre sur dix résident aux Etats-Unis (31,4 millions). Le deuxième pays d'accueil, avec presque 8 millions de personnes nées à l'étranger, est l'Allemagne suivie par la France (5,6 millions), le Canada (5,35 millions) et le Royaume-Uni (4,5 millions).

Préjugés contredits
Autre enseignement de ce rapport de l'OCDE qui remarque que les migrations nettes vers les pays de cette zone ont triplé depuis les années 60: la différence du taux d'emploi entre les immigrés et les natifs est "plus petite que ce qui est généralement perçu". En moyenne, 62,3% des immigrés âgés de 15 à 64 ans ont un emploi contre 66% chez les personnes nées dans leur pays de résidence, l'écart étant plus faible pour les femmes.

En France, le taux d'emploi chez les immigrés est de 69,5% (79,2% pour les hommes et 59,6% pour les femmes), sensiblement le même que chez les natifs (69,2% mais avec 74,7% pour les hommes et 63,8% pour les femmes). Le rapport souligne aussi qu'"il n'y a pas de fuite des cerveaux généralisée des pays en développement vers l'OCDE". Le taux d'émigration des personnes détenant un diplôme de l'enseignement supérieur est généralement bas dans la plupart des grands pays comme le Brésil, l'Indonésie, l'Inde ou la Chine. Il y a cependant des exceptions: de petits pays comme la Jamaïque, Haïti, Maurice ou les îles Fidji ont plus de 40% de leur population hautement qualifiée résidant à l'étranger.

Le taux d'émigration moyen des femmes ayant fait des études supérieures est nettement plus élevé (17,6%) que celui des hommes (13,1%). Le rapport de l'OCDE, qui passe en revue les grandes zones régionales, souligne par ailleurs que l'Afrique restera un continent "jeune": selon des projections, en 2025, les individus entre 15 et 24 ans représenteront toujours plus de 20% de la population tandis que leur part tombera à environ 15% en Asie et en Amérique latine et à 11% en Europe.

A propos des migrations inter-OCDE, le rapport note que le Royaume-Uni et l'Allemagne ont le plus grand nombre d'émigrés hautement qualifiés avec, respectivement, 1,1 million et 860.000 personnes. A titre de comparaison, la France n'a que 370.000 émigrés hautement qualifiés (dont 90.000 aux Etats-Unis).
(belga/7sur7)

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