L'ex-président israélien Moshé Katzav a été inculpé ce jeudi de "harcèlement sexuel", "actes indécents" et "subornation de témoin", et encourt une peine infamante, a-t-on appris de source judiciaire. Le Parquet a déposé l'acte d'accusation ce jeudi en fin de matinée au tribunal de simple police de Jérusalem.
Accord controversé
M. Katzav répond de ces chefs d'accusation en vertu d'un accord controversé conclu avec le Parquet et entériné par la Cour suprême, qui lui a permis de ne pas être inculpé de viol et d'échapper ainsi à la prison ferme.
Dédommagements
M. Katzav risque une peine de détention avec sursis et le versement de dédommagements à deux plaignantes, ses anciennes employées alors qu'il assumait des fonctions ministérielles, avant son accession à la présidence en 2000.
Peine infamante
Le compromis entériné par la Cour suprême a suscité la colère de nombreuses organisations pour la défense des droits des femmes en Israël. Contrairement au compromis, le Parquet a toutefois décidé de demander que la peine encourue par M. Katzav soit considérée comme "infamante", et trois juges du tribunal doivent se prononcer sur ce point. "Pour nous, il est clair que ce qualificatif ne peut être retenu, car le compromis conclu avec le Parquet n'en fait pas état", a déclaré à la radio militaire Zion Amir, un des avocats de l'ex-président.
Subvention retirée
S'il était reconnu coupable, M. Katzav, 62 ans, ne pourrait plus exercer de fonctions publiques. Il perdrait en outre le bénéfice d'une subvention annuelle de 1,1 million de shekels (305.000 USD) que l'Etat doit normalement lui verser jusqu'à la fin de ses jours en tant qu'ancien président. Cette allocation est censée financer le maintien d'un bureau, de deux secrétaires, d'une voiture et d'un chauffeur, d'un appartement de fonction, ainsi qu'une couverture médicale et les frais de communications téléphoniques de M. Katzav. L'ex-président bénéficie par ailleurs d'une pension d'ancien ministre et parlementaire de 48.000 shekels par mois (13.300 USD), qui n'est pas remise en question.
M. Katzav avait dû remettre sa démission en juin suite à ce scandale sexuel. Shimon Peres, 84 ans, lui a succédé à la présidence. (belga)


