Une femme médecin allemande, âgée de 58 ans, soupçonnée d'avoir tué par injection huit patients, a nié les accusations portées contre elle, jeudi, au premier jour de son procès devant un tribunal de Hanovre (nord).
Mechthild B. a fait lire par ses avocats une déclaration dans laquelle elle affirme que "dans tout ce qu'elle a fait et n'a pas fait, elle était intimement convaincue que ses patients approuvaient ses actes". Elle s'est également dite "bouleversée" par les soupçons portés contre elle. Le Parquet l'accuse pourtant d'avoir, jusqu'à la mi-2003, injecté des doses mortelles de morphine et de valium à huit patients sans les avoir informés au préalable de ce qu'elle faisait. La plupart de ces malades étaient atteints depuis de longues années d'un cancer.
Médecin au service de cancérologie d'une clinique de Langenhagen, près de Hanovre, Mechthild B. a subitement et sans raison apparente changé le traitement de certains de ses patients pour les tuer avec un "cocktail" de morphine et de valium, selon l'accusation. Parmi les victimes se trouvait une femme, âgée de 80 ans, hospitalisée seulement pour une déshydratation et une carence en potassium. Sa fille est l'une des plaignantes de ce procès.
La caisse de Sécurité sociale AOK s'était inquiétée fin 2003 des prescriptions excessives de valium et de morphine de l'accusée. Les corps de plusieurs de ses patients avaient alors été exhumés afin de procéder à des autopsies. Arrêtée en 2004, la femme médecin avait été relâchée quatre semaines plus tard après avoir versé une caution de 40.000 euros. Devant le tribunal où se déroule le procès, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté jeudi pour clamer l'innocence du médecin, arguant de ses longues années d'activité professionnelle.


