La transition entre la mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et la mission civile européenne EULEX risque de s'avérer plus délicate que le prévoyaient les Européens.
Opposée à une mission européenne qu'elle considère comme un soutien de fait à l'indépendance du Kosovo, la Russie refuse d'approuver le passage de témoin de la MINUK, qui administre la province depuis 1999. Elle a fermement mis en garde le secrétaire-général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Tensions
Ce dernier a fait savoir jeudi soir, par la voix de son porte-parole, que la transition n'avait pas débuté. "En ce moment, la mission de l'ONU n'est pas entrée dans une période de transition. Nous sommes toujours sur place, comme nous l'avons été depuis 1999. La MINUK accomplira les tâches qui lui ont été confiées en vertu de la résolution 1244, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité en décide autrement", a-t-il affirmé.
Le Kosovo a proclamé unilatéralement son indépendance de la Serbie le 17 février. L'Union européenne n'en continue pas moins de préparer le déploiement de la mission EULEX, qui doit entamer officiellement ses activités à la mi-juin, soit 120 jours après la déclaration d'indépendance du Kosovo.
Présence limitée
La MINUK "n'a pas commencé à réduire ses effectifs", mais "il est attendu qu'ils reçoivent des instructions en ce sens" de la part des Nations Unies dans les prochaines semaines, a affirmé la porte-parole de l'équipe de planification européenne. "Peut-être la MINUK maintiendra-t-elle une présence limitée" après la mi-juin, mais "nous ne prévoyons pas qu'il y aura deux missions" concurrentes, a-t-elle précisé.
La mission EULEX sera composée d'environ 1.900 policiers et juges, qui assisteront les Kosovars dans la mise en place des structures judiciaires de leur Etat. Parmi eux, environ 400 personnes ont été directement recrutées dans le personnel de la MINUK.
Contrairement à celle-ci, la mission européenne n'aura pas un rôle d'administration directe au Kosovo. Elle ne conservera qu'un nombre limité de pouvoirs exécutifs et aura surtout une fonction de conseil. Au contraire, la MINUK est dotée de pouvoirs étendus et concentre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Elle a été mise en place en juin 1999, en vertu de la résolution 2144, pour gérer la province après les déportations et les massacres commis par le pouvoir serbe de Slobodan Milosevic.


