McCain ne séduit toujours pas les conservateurs

sauvegarder
Par: rédaction
1/03/08 - 11h18

Alors qu'il est en passe d'emporter l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine de novembre, John McCain n'a toujours pas réussi à séduire les conservateurs, irrités par son attitude de franc-tireur en-dehors des lignes du parti.

Bien qu'il n'ait aucune chance de rattraper John McCain au compteur des délégués, son rival, l'ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee, rejette pour l'instant les appels à se retirer. Il faut 1.191 délégués pour décrocher l'investiture et M. McCain est proche du but avec 1.019 délégués, tandis que M. Huckabee n'en comptabilise que 254, selon le site internet indépendant Realclearpolitics.

Question de séduction
M. McCain l'a emporté facilement dans les Etats très peuplés et à dominante libérale de Californie et de New York grâce au soutien des indépendants, mais il n'a pas l'appui des électeurs qui se définissent comme "très conservateurs, et c'est Mike Huckabee qui a séduit les Etats chrétiens et conservateurs du Sud.

Lors d'une téléconférence jeudi avec des journalistes, Mike Huckabee faisait remarquer qu'une réforme des règles de financement de la campagne, dont M. McCain est lui-même l'artisan, pourrait se retourner contre lui. Le sénateur avait passé l'été dernier un accord au terme de cette loi, lui permettant de bénéficier de fonds publics pour sa campagne alors moribonde, en échange d'un strict plafonnement des dépenses.

Ethique
Depuis son spectaculaire retour, il ne manque plus de sources de financements, et les démocrates ont menacé de porter plainte contre lui, l'estimant lié par cet accord. Cet épisode a soulevé de nouvelles interrogations sur les positions éthiques de John McCain, qui met en avant son franc-parler et son intégrité morale.

Le 21 février, il avait dû se défendre contre les accusations, portées par le New York Times, d'avoir entretenu une liaison avec une jeune lobbyiste. La droite républicaine, une fois n'est pas coutume, était montée au créneau pour défendre M. McCain contre le journal. Mais la trêve a fait long feu.

Critiques
La semaine dernière, John McCain a dû désavouer des propos tenus lors d'un de ses meetings par un animateur de radio conservateur, visant son principal adversaire démocrate, Barack Obama. Et il est la cible d'animateurs de radio ultra-conservateurs qui s'en prennent aussi bien à son opposition initiale au programme de baisse d'impôts du président Bush qu'à ses positions sur l'immigration ou son engagement à lutter contre le réchauffement climatique.

Sur tous ces sujets, M. McCain s'est éloigné de la ligne du parti pour trouver un terrain d'entente avec les démocrates, ce qui l'a rendu profondément suspect aux yeux des tenants de l'orthodoxie idéologique républicaine, comme la commentatrice et auteur controversée Ann Coulter, qui a annoncé son soutien à Hillary Clinton.

Convaincre
Dans une interview le mois dernier, le président George W. Bush avait adoubé John McCain comme un "vrai conservateur". Mais, avait-il averti, s'il est investi, "il va devoir travailler à convaincre les gens qu'il est un solide conservateur". Depuis, le sénateur a tenté de convaincre l'aile droite des républicains, méfiante à son égard, que malgré des divergences, il partageait le même but qu'elle: empêcher les démocrates d'accéder à la Maison Blanche.

Mais il pourrait pâtir d'une éventuelle réticence des troupes de choc du parti, artisans des victoires de 2000 et 2004, à se déplacer pour voter en novembre prochain, alors que les démocrates se montrent, eux, extrêmement motivés. "Je n'ai jamais entendu parler de militants indépendants", relève le consultant républicain Greg Mueller dans le Washington Post. "J'ai entendu parler de militants conservateurs. Nous avons besoin d'eux, parce que nous avons besoin de remporter l'élection".

Votre avis nous intéresse!