Un scrutin sans suspense en Russie

sauvegarder
Par: rédaction
2/03/08 - 10h06
Dmitri Medvedev a voté "de bonne humeur" dimanche matin à Moscou.

Les Russes votaient dimanche pour une présidentielle qui ne doit être qu'une simple formalité pour le premier vice-Premier ministre Dmitri Medvedev, héritier désigné de Vladimir Poutine pour lui succéder au Kremlin.

Dmitri Medvedev a voté "de bonne humeur" dimanche matin à Moscou, se félicitant que le "printemps" ait commencé. "Je suis de bonne humeur. Le printemps a commencé. Certes, il tombe une petite pluie, mais c'est agréable. On change de saison", a déclaré M. Medvedev, cité par l'agence Interfax, après avoir voté avec son épouse Svetlana dans une école de Moscou. Neuf heures après les électeurs d'Extrême-Orient dans ce pays s'étendant sur onze fuseaux horaires, les Russes de Moscou, de Saint-Pétersbourg et de tout l'ouest de la Russie ont commencé à se rendre dans les bureaux de vote à 08H00 locales (05H00 GMT).

Pour ce scrutin sans suspense, Dmitri Medvedev étant assuré d'emporter l'élection dès le premier tour, 109 millions d'électeurs sont invités à se rendre aux urnes de 08H00 à 20H00 locales. Les derniers bureaux fermeront à 18H00 GMT à Kaliningrad, enclave russe entre la Pologne et la Lituanie. Des sondages de sortie des bureaux de vote seront publiés dès 18H00 GMT et les résultats partiels tout au long de la nuit au fur et à mesure des dépouillements. Quatre candidats sont en lice pour succéder à Vladimir Poutine, élu en 2000 puis réélu en 2004 et qui ne pouvait se représenter pour un troisième mandat consécutif.

Outre M. Medvedev, les trois autres candidats, réduits à faire de la figuration, sont le communiste Guennadi Ziouganov, l'ultranationaliste proche du Kremlin Vladimir Jirinovski et l'énigmatique Andreï Bogdanov qui prône l'adhésion de la Russie à l'Union européenne. "Je vais voter Medvedev parce que de toute façon c'est lui qui gagnera. Je respecte beaucoup Poutine et le parti qui a recommandé Medvedev", dit Tatiana Lestrovaïa, une retraitée de 69 ans, après avoir voté à Moscou.

Dans le bureau de vote 171, une école du centre de la capitale, les votants sont assez nombreux malgré l'heure matinale et la neige qui a recommencé à tomber dans la nuit. "Je vais voter pour les communistes, pour Guennadi Ziouganov, même si je n'ai jamais été communiste. Je déteste tout simplement ce pouvoir", dit Alexeï, la quarantaine. Neuf heures plus tôt, dans une école de Petropavlovsk-Kamtchatski, à l'autre bout du pays, Kirill, un jeune de 18 ans, déclarait avoir voté pour M. Medvedev. "J'ai pensé à l'avenir de la Russie et, à en juger par la campagne électorale, c'est lui que Poutine soutient", a expliqué avec conviction ce jeune homme qui votait pour la première fois et a refusé de préciser son nom de famille.

Omniprésent à la télévision et fort du soutien de Vladimir Poutine, qui le présente comme le garant de la stabilité, Dmitri Medvedev est crédité de 61% à 80% des intentions de vote dans les derniers sondages. Il a promis que M. Poutine serait son Premier ministre, un scénario inédit.

Ses adversaires, Guennadi Ziouganov, Vladimir Jirinovski et Andreï Bogdanov ne sont crédités respectivement que de 9%-16%, 7%-14% et 1% des intentions de vote. En l'absence de candidat de l'opposition libérale, le scrutin est qualifié de "farce" par de nombreuses personnalités proches de l'opposition ayant signé une pétition de 5.000 signatures remise samedi à la commission électorale centrale par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov. (afp)

Votre avis nous intéresse!