Trois mois de prison pour diffamation
Moussa Kaka risque la prison à vie.
Trois mois de prison ferme ont été requis contre le directeur du bimensuel privé nigérien
L'Eveil plus, Boubacar Gourouza, accusé d'avoir discrédité une décision de justice, a indiqué mardi un de ses avocats. M. Gourouza, d'abord accusé de diffamation d'un homme politique nigérien, Mohamed Keita, avait été interpellé mardi dernier par la police avant d'être écroué le lendemain à la prison de Niamey.
A l'ouverture du procès lundi, M. Keita a retiré sa plainte. Mais le procureur de la République a décidé de poursuivre M. Gourouza pour une deuxième affaire, selon son avocat Me Karim Souley. Le procureur reproche au journaliste d'avoir rédigé un article où il établissait une comparaison entre deux décisions de justice: l'une accordant la liberté provisoire au maire de Maradi (centre-sud) poursuivi pour détournements de fonds et l'autre maintenant en détention préventive le maire de la capitale Niamey pour les mêmes délits. Le ministère public a également requis une amende de 50.000 francs CFA (76 euros) contre Boubacar Gourouza. Le procès a été mis en délibéré le 6 mars et le journaliste a été reconduit à sa prison.
Un autre journaliste, Moussa Kaka employé de Radio France Internationale (RFI), est incarcéré depuis le 26 septembre pour "complicité d'atteinte contre l'autorité de l'Etat" pour des liens présumés avec les rebelles touareg très actifs dans le nord du Niger. Le 12 février, la cour d'appel de Niamey lui a refusé la liberté provisoire.
Moussa Kaka, également correspondant de Reporters sans frontière (RSF) au Niger, risque la prison à vie. Ses avocats ont décidé de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême nigérienne. Lundi, RSF a annoncé que les autorités nigériennes avaient refusé un visa à son secrétaire général, Robert Ménard, qui entendait assister à une journée de soutien à Moussa Kaka prévue le 10 mars à Niamey. (afp/7sur7)