Les députés rwandais ont demandé au gouvernement de poursuivre pour "négation du génocide" le juge espagnol Fernando Andreu Merelles qui a lancé en février des mandats d'arrêts contre 40 militaires rwandais en les accusant notamment de génocide et terrorisme.
"Les députés ont demandé au gouvernement (rwandais) de poursuivre le juge espagnol pour négation du génocide (de 1994) qui a pourtant été reconnu par les Nations unies", a rapporté mercredi Radio Rwanda, organe officiel gouvernemental. "C'est une recommandation que les députés ont faite après un débat sur le dossier du juge espagnol", a précisé le premier vice-président de la chambre des députés, Denis Polisi.
Lors de ce débat, le ministre de la Justice rwandais, Tharcisse Karugarama, "a indiqué que ces mandats ne devraient en aucune façon inquiéter la population rwandaise parce qu'ils ont été émis en violation de la loi", a rapporté la radio. "Le ministre a indiqué que le juge espagnol est manipulé par les auteurs du génocide et d'autres qui les soutiennent", selon Radio Rwanda.
Poursuites
Le juge de l'Audience nationale, principale instance pénale espagnole, Fernando Andreu Merelles, a annoncé le 6 février avoir émis des mandats d'arrêt contre 40 militaires de l'actuel régime rwandais, dont onze officiers, poursuivis pour "génocide, crime contre l'humanité et terrorisme" dans les années 90.
Ils sont notamment accusés d'avoir sciemment déstabilisé le régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana en place à l'époque, en commettant des actes terroristes avant de s'emparer du pouvoir. L'assassinat de M. Habyarimana en avril 1994 avait déclenché le génocide qui a fait environ 800.000 morts, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie.
La justice espagnole, qui avait débuté cette enquête en 2005, sur la mort de neuf ressortissants espagnols entre 1994 et 2000, s'octroie une compétence universelle pour les faits de "génocide" et de "crimes contre l'humanité". Le 10 février, Kigali avait appelé l'Espagne, la communauté internationale et Interpol à ne pas "donner suite" à ces mandats d'arrêts, qualifiant les actes d'accusation d'"infondés et ridicules".
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