Quatre Marines en cour martiale pour un viol collectif

Quatre Marines vont comparaître en cour martiale pour le viol collectif présumé d'une Japonaise en octobre à Hiroshima (ouest), une affaire que la justice japonaise avait pourtant classée, a-t-on appris jeudi auprès de l'armée américaine.
Cette annonce intervient une semaine après la libération par la justice japonaise d'un autre Marine accusé de viol à Okinawa (sud), et après une série d'incidents impliquant des soldats américains dans l'île. Selon le commandement de la base américaine d'Iwakuni (ouest), un Marine sera jugé fin avril et un autre début mai pour le viol collectif présumé d'octobre. Les dates des deux derniers procès n'ont pas été fixées. L'affaire avait éclaté lorsqu'une Japonaise de 20 ans avait accusé les quatre hommes, âgés de 19 à 38 ans, de l'avoir violée dans une voiture à Hiroshima.
Les enquêteurs japonais avaient décidé de classer l'affaire, mettant en avant des incohérences dans les déclarations de la plaignante.
La présence militaire américaine a été au centre d'une élection municipale tenue en février à Iwakuni, l'ancien maire ayant fait campagne contre un agrandissement de la base, en raison notamment des nuisances et de la criminalité engendrées selon lui par les Marines. Il a perdu de justesse contre un candidat "parachuté" de Tokyo qui a promis de renflouer les caisses de la ville en échange d'un accord sur l'arrivée de plusieurs milliers de soldats supplémentaires.
L'armée américaine enquête par ailleurs sur un autre cas de viol présumé commis par un Marine de 38 ans, à Okinawa contre une Japonaise de 14 ans. Arrêté le 11 février, ce Marine a été libéré fin février par la justice japonaise. Selon des associations de défense des victimes, des pressions ont été exercées sur l'adolescente pour qu'elle retire ses accusations. Le Marine est désormais détenu par l'armée américaine. Six autres soldats ou employés de l'armée ont été arrêtés depuis février à Okinawa, l'un pour le viol présumé d'une Philippine, la plupart des autres pour des incidents liés à l'alcool ou la drogue.
L'armée américaine avait imposé un couvre-feu à son personnel du sud du Japon à partir du 20 février, mais le commandement l'a allégé début mars. (belga)