L'Otan suspendue au veto de la Grèce sur l'adhésion de la Macédoine

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Par: rédaction
6/03/08 - 11h21
Une manifestante porte haut le drapeau grec à Thessalonique devant la statue d'Alexandre Le Grand.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Otan se réunissent jeudi sous la menace d'un veto grec à l'adhésion de la Macédoine, à un mois du sommet de Bucarest qui pourrait élargir l'alliance à ce pays comme à l'Albanie et la Croatie.

Les responsables de ces trois pays des Balkans ont multiplié ces dernières semaines les visites au siège bruxellois de l'Otan dans l'espoir d'être invités par les dirigeants des 26 pays membres à adhérer lors de leur sommet prévu du 2 au 4 avril. La Croatie, et même l'Albanie, ont toutes les chances d'obtenir une réponse positive, selon des diplomates à l'Otan. "Tirana a en effet fini par faire bonne impression aux pays alliés, au départ assez réticents devant certains manquements albanais à l'Etat de droit", a indiqué l'un d'eux.

En revanche la Macédoine, bien qu'ayant rempli aussi tous les critères d'adhésion, selon ces diplomates, risque de se voir claquer la porte au nez par la Grèce, qui exige d'abord un accord définitif sur l'appellation définitive de son voisin macédonien. En 1993, ce pays a été reconnu à l'ONU sous le nom d'"ancienne République yougoslave de Macédoine" (ARYM, ou FYROM selon l'acronyme anglais) en raison de l'opposition d'Athènes à ce que le nom de "Macédoine" lui soit attribué. La Grèce, dont les provinces septentrionales portent aussi ce nom, estime qu'il appartient à sa propre histoire et redoute des revendications territoriales de ce petit voisin de langue slave.

Devant le blocage grec, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, venu lundi à Athènes plaider pour un accommodement, n'a pu que rappeler que "le consensus" est de règle au sein de l'Alliance atlantique et appeler la Macédoine à la souplesse. Cela laisse peu d'espoir à Skopje que d'ultimes pressions des Etats-Unis et d'autres alliés sur la Grèce puissent l'inciter à lever son veto. Seul un accord de dernière minute sous l'égide de l'ONU, chargée depuis des années d'une médiation entre les deux pays, semble pouvoir sauver la candidature macédonienne.

Les ministres devraient également discuter d'un élargissement à deux autres pays, la Géorgie et l'Ukraine qui, à un stade moins avancé, aspirent eux à se voir accorder le statut de candidat officiel à l'adhésion à l'Otan, en participant à un "Plan d'action en vue de l'adhésion". Si une certaine détente est intervenue dans les relations difficiles entre la Géorgie et la Russie, satisfaite que Tbilissi ne reconnaisse pas le Kosovo, la perspective de voir entrer l'Ukraine dans l'alliance occidentale continue d'irriter Moscou. Le président russe Vladimir Poutine a menacé le 14 février de pointer sur l'Ukraine ses missiles si les pays de l'Otan y installaient un jour des bases.

En raison de l'équation russe comme des problèmes qui ont surgi entre l'opposition et le pouvoir en Géorgie comme en Ukraine, "il y a des divergences entre les alliés", a confié un diplomate. Du coup, la perspective d'inviter ces deux pays à postuler "s'inscrit plus dans le long terme", a-t-il noté. "Si le statut de candidat ne leur était pas immédiatement accordé, les alliés devraient examiner quels encouragements néanmoins pourraient être prodigués à ces deux pays à Bucarest", a indiqué un autre diplomate.

Les 26 pays alliés devraient aussi examiner jeudi le "plan stratégique politico-militaire" pour l'Afghanistan que leurs dirigeants adopteront à Bucarest. Les Etats-Unis espèrent qu'en démontrant ainsi leur cohésion sur ce qui constitue la plus grande opération que l'Otan ait jamais menée, leurs alliés européens pourront justifier devant leurs opinions publiques l'envoi en Afghanistan des renforts que les chefs militaires réclament. (afp)

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